Pas besoin d'un dessin. Le parcours sud de l'Oakland Hills Country Club, où se disputera la Ryder Cup, est d'une rare difficulté. Le légendaire Ben Hogan l'avait décrit comme «the monster » (le monstre). Il n'avait pas tort. D'apparence, ce parkland, dessiné par le mythique Robert Trents Jones, a des allures de carte postale. C'est un subtil mélange de l'Augusta National (avec ses centaines d'arbres et ses greens ondulés) et de Valderrama (avec ses grands bunkers blancs comme le linceul). Mais une fois parti à l'assaut de ce par 70 de 6300 mètres, le joueur se rend vite compte que le paradis est très proche de l'enfer.

Des fairways étroits, un rough savamment placé, une septantaine de bunkers profonds, de subtiles places d'eau et des greens illisibles comme l'hiéroglyphe et rapides comme un circuit d'Indy: il ne manque rien! Et l'on a tôt fait d'imaginer les dégâts que peut provoquer ce monster, sous pression, dans une formule de match-play! Oakland est un exemple pur et dur du fameux target golf (le «golf cible») où chaque coup doit être joué avec une précision d'horloger, surtout lorsque les drapeaux sont placés malicieusement. Ce qui sera évidemment le cas!

Les trois derniers trous s'érigent en véritables juges de paix. Le seizième (par 4 de 360 mètres) est souvent considéré comme l'un des plus beaux du monde. Le dix-septième (par 3 de 180 mètres) recèle tous les pièges et le dix-huitième (par 4 de 450 mètres) est un vrai finishing hole ! Qui dit mieux?

© Les Sports 2004