Éclairage

Nicolas Colsaerts a marqué les esprits au faîte de la hiérarchie européenne, dans le cadre du Vivendi Seve Trophy disputé à St-Nom-La-Bretèche. Certes, le Bruxellois de 28 ans n’aura marqué, au décompte final, "que" 1,5 pt sur 5 dans cette épreuve par équipe, opposant des joueurs de l’Europe continentale à des joueurs d’Irlande et de Grande-Bretagne, ces derniers s’imposant finalement 12,5-15,5 pour conserver le trophée. Les partenaires de Colsaerts en doubles, à savoir le jeune prodige italien Matteo Manassero (18 ans) et le Français Raphaël Jacquelin, n’étaient il vrai pas au meilleur de leur forme. "Coels" s’est ainsi incliné lors du premier "fourball" contre la paire Darren Clarke/David Horsey malgré six birdies et trois trous gagnés, et le samedi en "foursome" alors que, confronté au n°2 mondial Lee Westwood sur les trous impairs, il l’a dépassé à chaque fois dans les mises en jeu, tout en restant sur le fairway. Une véritable référence pour Colsaerts, qui a adoré l’ambiance et l’intensité de cette compétition par équipe !

La qualité de son jeu, tant au drive, dans les approches qu’au putting, n’ont ainsi pas laissé les observateurs indifférents. Dont notamment Jose Maria Olazabal, capitaine de l’équipe européenne pour la Ryder Cup 2012, qui s’est dit impressionné par la frappe de balle de Colsaerts, alors qu’il avait déjà eu l’occasion de l’apprécier en partageant sa partie durant deux jours lors du KLM Open.

Par ailleurs, le joueur du Royal Waterloo a parfaitement tenu le coup mentalement, notamment au plus fort de la pression. Ce qui fut le cas dimanche, alors que l’équipe européenne avait comblé son retard de cinq points sur les Britanniques en remportant les cinq premiers singles. Si le marquoir affichait une stricte égalité (11,5-11,5), Colsaerts était cependant 2 down dans sa partie contre l’Anglais David Horsey. Jean Van de Velde, capitaine de l’équipe de l’Europe continentale, est alors venu trouver Colsaerts au trou n°14, lui demandant de s’accrocher jusqu’au bout pour mettre une pression maximale sur les "Britons". Résultat des courses : Colsaerts réussit un birdie au trou n°15, puis surtout un superbe eagle au trou n°17 pour revenir all-square et partager finalement l’enjeu face à un Horsey pourtant bien affûté. Tout cela sous l’œil mi-amusé, mi-perplexe des joueurs du Top britannique qui venaient de perdre leur partie, tels Westwood, Dyson et Clarke, tandis que les "Continentaux" (Jimenez, Björn, ) venaient le congratuler.

Certes, il reste encore un long chemin à parcourir afin que Colsaerts soit sélectionné dans l’équipe européenne de Ryder Cup, ce qui sera sans nul doute l’un de ses objectifs de l’an prochain. Des joueurs européens, non présents à St-Nom-La-Bretèche pour diverses raisons (Luke Donald, Martin Kaymer, Rory McIlroy, Robert Karlsson, Graeme McDowell et Justin Rose, ce dernier ayant remporté brillamment dimanche le BMW Championship à Cog Hill sur le PGA Tour américain), entreront en effet aussi en ligne de compte pour les 12 places en lice. Par ailleurs, la formule de sélection a quelque peu changé, vu que l’on ne tiendra compte des résultats sur le circuit européen qu’à partir de ce 1er septembre jusqu’au 30 août 2012. Colsaerts devra donc engranger les performances de classe mondiale d’ici là, à commencer par l’important Dunhill Links Championship disputé sur trois parcours écossais (avec final à St. Andrews) du 29 septembre au 2 octobre. Le n°1 belge, désormais 14e à l’ordre du mérite européen et 78e mondial, enchaînera ensuite par le Masters de Madrid et le Masters de Valderrama en octobre, avant de s’envoler pour l’Asie. Il y clôturera sa saison sur l’European Tour en disputant en novembre le WGC - HSBC Champions à Shanghai, puis l’Open de Singapour et l’Omega Mission Hills World Cup, une compétition de double où il représentera la Belgique en compagnie de Jérôme Theunis. Puis, en guise de bouquet final, le Dubai World Championship dans les Emirats arabes, du 8 au 11 décembre. Son objectif d’ici la fin de la saison sera de terminer dans le "Top 15" européen ou le "Top 50" mondial, ce qui lui permettrait d’être qualifié directement pour les quatre "Majors" de 2012, dont le Masters d’Augusta. Colsaerts possède désormais toutes les armes pour y parvenir, ainsi qu’un avantage sur ses adversaires : vu son repos forcé de huit semaines cet été suite à sa blessure encourue au coude (qui n’a pas laissé la moindre séquelle), il est beaucoup plus frais physiquement et mentalement