Quel est l’avenir de l’European Tour ? Alors que le DP World Championship, bouquet final de la saison, débute ce jeudi à Dubaï, la question brûle les lèvres de tous les acteurs dans les coulisses du tournoi. Déjà en détresse financière avant le début de la pandémie, le circuit européen a été touché de plein fouet par la crise de Covid-19. De nombreux tournois ont été annulés, tantôt pour des raisons sanitaires, tantôt en raison de la défaillance de sponsors. Certes, vaille que vaille, quelques compétitions ont résisté grâce à l’enthousiasme et la créativité des organisateurs. Et les pays du Moyen-Orient (Arabie Saoudite, Qatar, Abu Dhabi, Oman et, bien sûr, Dubaï) ont continué leurs généreux parrainages. La saison blanche et le naufrage ont donc été évités de justesse. Mais il est évident que la situation n’est plus tenable à long terme.

Dans ce contexte, la récente officialisation d’un partenariat entre l’European Tour et le PGA Tour américain tombe à pic et alimente déjà bien des spéculations. Sur le papier, les deux instances ont décidé de « collaborer sur de nouvelles stratégies commerciales communes». Mais on parle déjà d’une fusion, voire même d’une OPA déguisée du circuit US sur son homologue du Vieux Continent. Aux Etats-Unis, l’économie du golf respire, il est vrai, la santé et les caisses sont pleines.

L’idée d’un circuit mondial – vieille chimère née dans les années 80 à l’époque de Severiano Ballesteros et Greg Norman – renaît donc de ses cendres. Le PGA Tour a déjà tissé des liens solides avec l’Asie et l’Amérique latine. En mettant le grappin sur l’European Tour, il aurait à sa disposition tous les postes clés de pilotage du golf planétaire. Pour l’heure, rien n’est scellé dans le marbre mais on pourrait parfaitement imaginer que les plus gros tournois européens – dont ceux du Golfe persique - intègrent, à terme, le calendrier US et comptent même pour la FedEx Cup.

Derrière ces fiançailles se cachent, bien sûr, de grands enjeux financiers. Ce n’est sûrement pas un hasard si Jay Monahan, le CEO du PGA Tour, va prochainement intégrer le conseil d’administration de l’European Tour.

Dans l’absolu, cette évolution s’inscrit dans l’air du temps et était écrite dans les astres. Quelque part, le golf suivrait la voie de l’ATP Tour en tennis avec des compétitions internationales de différents niveaux. Pour les meilleurs joueurs du monde (parmi lesquels Thomas Pieters et Thomas Detry), c’est plutôt une opportunité et une bonne nouvelle. Pour les autres, c’est nettement plus flou et plus inquiétant. Car sur les greens aussi, on ne prête qu’aux riches.