Quel joueur belge a terminé deux fois à la deuxième place du mythique British Open ? Non, non, il ne s’agit ni de Nicolas Colsaerts, ni de Thomas Pieters. Mais bien de Flory Van Donck, auteur de cet exploit lors des éditions de 1956 (au Royal Liverpool) et de 1959 (à Muirfield).

À l’époque, le golf était un sport très peu médiatisé dans notre pays. On comptait une dizaine de clubs dans le pays et c’est à peine si ces performances défrayèrent la chronique. Elles en disent long, pourtant, sur le talent du champion bruxellois considéré clairement comme l’un des meilleurs du monde de sa génération.

Né en 1912 à Tervuren, Flory Van Donck a été initié aux joies du swing par son père, greenkeeper au Ravenstein. Il savait à peine marcher lorsqu’il reçut son premier club. Le décès de sa maman lorsqu’il avait six ans et des problèmes au poumon l’obligèrent à passer une grande partie de son enfance au grand air, dans une pension sur les hauteurs de Crans-Montana. Au menu : des promenades, de la gymnastique et du golf sur le parcours voisin de Crans-sur-Sierre.

Après des études d’ingénieur en Suisse, il décide de se lancer dans le métier de professionnel du golf. Malheureusement, la guerre a freiné le début de sa carrière. Et ce n’est que dans les années 50 que celle-ci a réellement pris son envol. Et quel envol ! Porté par un swing d’une rare pureté, il collectionna les titres (2 Coupes du Monde, 3 Open de France, 5 Open d’Italie, 2 Open de Suisse,…) et les records. Lauréat du Vardon Trophy (équivalent du meilleur joueur européen) en 1953, il signa aussi quelques cartes exceptionnelles en Belgique : 65 sur le parcours du Ravenstein en 1935 et 61 sur l’ancien parcours du Waterloo en 1957 lors d’une partie avec Donald Swaelens, autre légende du golf national. Il rentra également un score de 65 au Royal Troon, en Écosse. Si la Ryder Cup avait été, en ce temps-là, accessible aux joueurs européens, il aurait assurément été un pilier de l’équipe.

À défaut d’être une star dans son pays, Flory Van Donck était très connu en Grande-Bretagne. À Londres, les chauffeurs de taxi lui demandaient des autographes et il n’était pas question qu’il fasse la queue dans un magasin. Il rendait régulièrement visite au Duc de Windsor. Il fut même invité personnellement à la Maison Blanche par le président Eisenhower.

En Belgique, le Trophée du Mérite sportif, décerné en 1960, récompensa (discrètement) l’ensemble de son œuvre. Sa carrière au plus haut niveau terminée, il prodigua ses conseils à la nouvelle génération dans différents clubs. En 1992, âgé de 79 ans, il était encore sur les fairways quelques semaines avant sa mort. Champion d’exception, il a marqué plusieurs générations de golfeurs et son souvenir est encore présent dans de nombreux club-houses.

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