En remportant le Memorial Tournament, l’un des plus prestigieux tournois de la saison américaine, Jon Rahm est devenu le deuxième joueur espagnol de l’histoire à se hisser sur le trône de numéro un mondial. Le premier était un certain Severiano Ballesteros, il y a un peu plus de trente ans. « C’est une émotion incroyable de rejoindre dans l’histoire le champion qui a toujours été mon idole, mon héros et mon inspiration » a confié le colosse basque, âgé de 25 ans à peine.

Jon Rahm signe une carrière phénoménale. Passé professionnel en juin 2016 - en même temps que Thomas Detry - il ne cesse de brûler les étapes. Son sacre de dimanche, sur le parcours de Muirfield Village, était le dixième qu’il accroche à son palmarès. Parallèlement, il totalise quatorze autres podiums. Sur les 100 tournois pros qu’il a disputé, il n’a raté que douze cuts. Ce sont des statistiques hallucinantes !

Véritable bête de combat – 1,88 m sous la toise, 100 kilos sur la balance – « Rambo » ajoute à sa force physique naturelle des qualités techniques remarquables. Dans la lignée des plus grands artistes des greens, il possède un petit jeu magique qui lui permet de signer des approches gagnantes autour des greens. Comme celle qu’il rentra, dimanche, sur le trou n°16 pour sceller son couronnement (il hérita ensuite de deux points de pénalité, sa balle ayant légèrement bougé à l’adresse).

En vérité, « J.R. » est la prototype du champion de golf moderne et complet. Puissant dans ses drives (il n’a pas grand-chose à envier à Rory McIlroy, Dustin Johnson ou Bryson deChambeau) et très précis au putting, il a les armes pour dompter tous les terrains. Il s’appuie, en outre, sur une grande régularité et une force mentale dévastatrice. De son propre aveu, il ne doute de rien. « Gamin déjà, j’avais pour objectif de devenir numéro un mondial » sourit-il, comme si cette promotion au sommet était programmée de longue date.

Il reste à présent au natif de Barrika, près de Bilbao, à parachever son œuvre en remportant son premier tournoi du Grand Chelem. Jusqu’ici, il a collectionné les places d’honneur dans les Majors (4e au Masters et à l’USPGA en 2018, 3e à l’US Open et au British Open 2019). Il espère vaincre le signe indien cette année, peut-être même début août lors de l’USPGA qui se disputera sur le parcours du TPC Harding Park, près de San Francisco.

Né à Barrika, un petit village du Pays Basque, Jon Rahm rêvait, tout gamin, de faire carrière comme joueur de football à l’Athletic Bilbao, le club dont il est toujours un supporter acharné. A l’époque, il s’adonnait aussi aux joies du swing pour accompagner ses parents, membres du petit club de Larrabea. Surdoué des greens, il échangea rapidement les crampons par les spikes. A l’Université de l’Arizona State, où il combine étude et golf de haut niveau, il occupe la place de n°1 mondial amateur durant 60 semaines. Son destin est tracé.