Tout doucement, la domination européenne sur la Ryder Cup commence à agacer les Américains ! Il faut, il est vrai, remonter au siècle dernier - en 1999, n'exagérons pas - pour retrouver la trace d'un succès des troupes US dans cette compétition. C'est dire si la motivation est grande au sein de l'équipe du capitaine Paul Azinger à l'aube de la 37e édition qui se déroule, de vendredi à dimanche, sur le parcours du Valhalla Golf Club (par 71 de 6 800 mètres), près de Louisville, dans le Kentucky.

Dans le monde du golf, sport individuel et ultra-professionnel, la Ryder Cup est une compétition à part. Elle se joue en équipe et ne propose pas le moindre "prize money". Mais pour les stars du swing, c'est le rendez-vous par excellence. Celui qu'il ne faut rater sous aucun prétexte. Question d'honneur !

Le principe est simple. D'un côté, les douze meilleurs joueurs américains ; de l'autre, leurs homologues européens. Au menu des trois jours : huit doubles le vendredi et le samedi et douze simples le dimanche. Toutes les rencontres se jouent sur dix-huit trous en match-play. Et que le meilleur gagne...

Habitués à s'imposer facilement durant des années - notamment lorsqu'ils affrontaient les seuls Britanniques - les Américains éprouvent plus de peine depuis qu'ils sont opposés au continent européen entier. Leurs trois dernières défaites - au Belfry en 2002, à Oakland Hills en 2004 et au K Club en 2006 - en sont la preuve. "Il est temps de réagir et de récupérer le trophée", annonce le capitaine Paul Azinger.

A domicile, devant un public survolté, sur un parcours qu'ils ont choisi en connaissance de cause, les Américains partiront favoris. Certes, Tiger Woods, toujours convalescent, est absent. Mais l'équipe US a néanmoins belle allure avec les anciens Phil Mickelson, Jim Furyk, Steve Stricker, Stewart Cink ou Kenny Perry, et quelques rookies comme Holmes, Kim ou Mahan.

N'imaginez cependant pas que les Européens du capitaine Nick Faldo ont traversé l'Atlantique la fleur au drive ! "On est venu pour gagner notre quatrième titre d'affilée", annonce fièrement l'Espagnol Sergio Garcia habitué à se transcender dans cette épreuve qui lui sied comme un gant.

La phalange européenne a, de fait, belle allure. Emmenée par l'Irlandais Padraig Harrington (vainqueur cette année du British Open et de l'USPGA), elle s'appuie sur des joueurs d'expérience comme Westwood, Jimenez, Harrington ou Garcia et sur des jeunes loups ambitieux comme Rose, McDowell ou Wilson.

Une chose est sûre : cette Ryder Cup s'annonce passionnante et indécise. Pour les joueurs, il sera essentiel de bien gérer le stress et de faire preuve d'un véritable esprit d'équipe. "C'est ce team spirit qui nous a permis de remporter les trois dernières éditions. Et nous allons tout faire pour le retrouver ici", avance Nick Faldo, ravi de jouer les mamans gâteaux pour ses protégés !

Souvent critiqués pour leur incapacité à mettre entre parenthèses les rivalités naturelles qui les opposent durant toute la saison, les Américains tenteront d'enterrer la hache de guerre l'espace de trois jours. Pour l'honneur de la patrie ! "Il nous faudra serrer les coudes. C'est notre seule chance", avertit Paul Azinger.

Le parcours, long et difficile, est prêt ; les prévisions météo sont favorables ; le public est bouillant. Bref, tout est en place pour le choc tant attendu sur les greens diaboliques de Louisville.