Il suscite l'admiration de tout golfeur... Situé à un drive de la Grand-Place de Bruxelles, dans la jolie commune de Tervueren, le Royal Golf Club de Belgique, mieux connu sous le nom de Ravenstein, fait rêver tout passionné de la petite balle blanche. Fondé en 1906 à l'initiative du roi Léopold II, désireux de doter la Belgique d'infrastructures susceptibles d'attirer les investisseurs étrangers, le club le plus huppé du pays a franchi un cap mythique de son histoire, le week-end dernier, en fêtant ses cent ans d'âge! «C'est un fameux bail comme l'on dit», sourit Baudouin Nagelmaeckers, administrateur et mémoire vivante du club qu'il fréquente depuis 40 ans. «Cela fait de nous l'un des plus vieux clubs du pays. L'anniversaire a été célébré dans l'intimité, avec nos membres. Nous avons organisé une compétition en scramble avec des bois et putters d'époque ainsi qu'un grand banquet pour marquer l'événement. Nous avons eu de la chance avec le temps. Ce fut un beau week-end...»

A l'instar des plus grands clubs, le Ravenstein dégage un parfum de... majesté. Il le doit à la qualité de son parcours, à la beauté de son célèbre Château Ferme et aussi à son histoire. Ayant perçu que le golf était de nature à promouvoir l'image de marque de la Belgique, le roi Léopold II joua ainsi un rôle clé dans sa naissance en complétant son oeuvre entamée à Houyet, dans les Ardennes, et à Ostende, par la création d'un troisième parcours de qualité dans les environs de la capitale.

«On jouait déjà au golf en 1904 à Tervueren, sur neuf trous, mais il n'y avait rien de structuré. C'était en quelque sorte du golf sauvage. Les fairways étaient tondus avec les chevaux, les greens à la main et les roughs étaient broutés par des moutons. Si le club n'a pas vu le jour tout de suite, c'est parce que le Souverain a d'abord dû négocier le départ de fermiers qui avaient un droit de bail sur une partie des terres.»

Un club très familial

D'emblée, le Royal Golf Club de Belgique bénéficia d'un cadre des plus propices. Il le dut à sa localisation, mais également au roi Léopold II, qui sélectionna soigneusement au sein de son arboretum voisin les arbres et plantations amenés à égayer les fairways. Partie intégrante de la Donation Royale, qui le rend quelque part immortel, le Ravenstein a conservé, au fil des ans, ce décor assez féerique qui donne l'impression de swinguer au beau milieu d'un jardin botanique. En cent ans d'âge, c'est d'ailleurs à peine si le parcours a pris une ride... En réalité, le Ravenstein, qui doit son nom à une place forte de bord de Meuse, est toujours resté fidèle à sa philosophie. Composé principalement, à sa création, d'ambassadeurs, d'industriels et de notables, il est devenu plus familial, avec le temps, mais tout en conservant son authenticité. «Notre club compte aujourd'hui environ 1 500 membres. Il y a deux parcours. Un 18 trous, le Old Course et un 9 trous, le New Course, plutôt réservé aux débutants. Ce qui fait le charme du Ravenstein, c'est son décor. Il y a le Château, qui date de 1750, et est aujourd'hui site classé. Et puis tout l'environnement qui l'entoure. Le terrain, les arbres, les plantes... C'est unique.»

Club de référence en Belgique, l'histoire du Ravenstein se confond volontiers avec celle du golf belge et même européen, à travers des personnalités comme Edmond Solvay et Clément Van der Straeten. Il ne surprendra dès lors personne que le club de Tervueren ait abrité de grandes compétitions, comme l'Open de Belgique, les championnats d'Europe amateurs ou plusieurs exhibitions, et qu'il ait accueilli parmi ses membres les plus grands joueurs belges, comme Paul Rolin, Flory Van Donck ou Philippe Toussaint. «Nous sommes toujours restés très attachés aux valeurs sportives au sens noble du terme. Le golf, comme le sport en général, se professionnalise de plus en plus, mais nous sommes fiers d'être demeurés amateurs. Le Ravenstein est devenu un club très familial, où les gens peuvent se côtoyer sans protocole. Je pense que c'est pour cette raison, par exemple, que les membres de la famille royale apprécient de venir s'y ressourcer de temps en temps.»

Aujourd'hui, centenaire comblé, le Ravenstein coule des jours heureux, loin de l'effervescence de la capitale de l'Europe. Pour n'avoir rien perdu de son charme, il n'a, en vérité, guère besoin de publicité. Il ne devrait pas en être autrement dans... cent ans!

© Les Sports 2006