Ils étaient plus de 40 000 spectateurs, lundi, rassemblés le long des légendaires fairways d’Augusta pour assister à son premier entraînement ! Ce soir, ce sont des centaines de millions de téléspectateurs qui vont s’attacher à leur petit écran pour vivre, en direct, son retour aux affaires sportives !

Il, c’est bien sûr Tiger Woods. L’homme dont on parle tant depuis si longtemps, mais qui cette fois a troqué son manuel de désintoxication sexuelle contre un "drive".

Après la tempête médiatique concentrée autour de sa vie privée, le numéro un mondial, qui n’est plus apparu en compétition depuis le 15 novembre, date de sa victoire à l’Open d’Australie, retrouve donc son terrain de chasse privilégié avec des envies régénérées et un mental revigoré. "Ce premier drive, je l’attends avec impatience. Je m’amuse à nouveau. Et c’est quelque chose qui m’a beaucoup manqué", a-t-il affirmé hier, un large sourire aux lèvres, rendu heureux par l’accueil chaleureux du public et de nombre de ses rivaux.

Voilà pour le côté face. Mais qu’en est-il du côté pile ? Tiger Woods, après tant de mois d’absence volontaire des "greens", peut-il rêver de s’emparer d’un quinzième titre majeur au nez et à la barbe de ses 95 adversaires ? Peut-être.

Après tout, pour ce joueur-là, le mot impossible n’a pas sa raison d’être. Et puis, ce parcours d’Augusta, en plus de l’adorer, il ne recèle plus le moindre secret pour lui. Pourquoi, alors, en effet, ne pas imaginer que Tiger Woods puisse égaler Ben Hogan qui, en 1951 et 1953, fut le seul joueur dans l’histoire du golf à remporter ce Masters d’Augusta sans avoir, au préalable, disputé le moindre tournoi de la saison ?

Si Woods égale cet exploit, il méritera encore plus qu’avant son étiquette d’extraterrestre du golf

Mais ce parcours d’Augusta, habillé par des greens ondulants, des bunkers profonds et d’immenses arbres n’a pas pour habitude, on le sait, de s’offrir au premier venu, se nommerait-il Tiger Woods.

Il a en effet plutôt l’habitude de choisir lui-même son nouveau champion, lequel pourrait par exemple revêtir les traits d’Ernie Els, vainqueur le mois dernier au Doral et à Bay Hill. Le Sud-Africain s’est manifestement réconcilié pour de bon avec son jeu si pur, ce qui en fait le grand favori, même s’il ne faut évidemment pas négliger les chances, très concrètes, de ces habitués du podium que sont Phil Mickelson, Lee Westwood, Padraig Harrington, Ian Poulter, bien sûr l’Argentin Angel Cabrera, lauréat il y a douze mois.

Sans oublier évidemment la meute des Américains, avec Steve Stricker en chef de file mais aussi avec l’avènement possible d’un Anthony Kim.

Bref, rien que du beau monde pour cette première levée du Grand Chelem trop heureuse de célébrer le retour du roi sur ses terres, ce qui, en soi, constitue déjà un véritable événement auquel le public a déjà voulu s’associer. Plus que jamais, en effet, de jeudi à dimanche, à Augusta, on va afficher complet !