Tiger Woods, numéro un mondial depuis 1998 après avoir détrôné l'Australien Greg Norman, domine depuis lors outrageusement ce classement. Ou plutôt dominait! En effet, alors qu'il possédait au début de la saison dernière près du double de points de cette moyenne cumulée (minimum de 20 tournois/an) par rapport à son dauphin, qui était déjà à l'époque Ernie Els, son avantage n'a cessé de diminuer depuis lors. Il ne possède désormais même plus un point d'avance (12,24 contre 11,30) sur le Sud-Africain.

Ce qui est on ne peut plus logique (ou plutôt... arithmétique), vu que le natif de Cypress, âgé de 28 ans, n'a plus gagné un Major depuis l'US Open 2002.

Le système de points afin d'établir la hiérarchie des meilleurs golfeurs est, il est vrai, assez difficile à cerner. Le Ranking Mondial est, en fait, une moyenne qui se base sur la force des différentes compétitions et les résultats accumulés de manière dégressive lors des deux dernières années (104 semaines). Les points engrangés sont ainsi doublés pour l'actuelle période (treize semaines), avant de décliner progressivement trimestre par trimestre de 0.25X. Un point acquis maintenant ne vaut donc plus qu'une valeur huit fois moindre dans deux ans, avant de disparaître au profit du nouveau résultat à cette même épreuve.

Changement à l'USPGA?

Dans ce cadre, le trône suprême de Tiger Woods est donc réellement en danger, puisqu'il perdra, à l'issue du prochain USPGA (12-15 août au Whistling Straits Country Club, près du lac Michigan), les points de sa deuxième place réalisée en 2002, alors qu'il n'a plus réalisé que deux Tops 10 en Grand Chelem depuis lors (British Open 2002 et 2004)

Cependant, Ernie Els ne s'est plus imposé non plus à ce niveau depuis le British Open 2002, ce qui explique le nivellement des valeurs au faîte de la hiérarchie mondiale!

En effet, depuis deux ans, les victoires en Grand Chelem ont été acquises à chaque fois par des joueurs différents. A savoir l'Américain Rich Beem (USPGA 2002), le Canadien Mike Weir (Masters 2003), puis les Américains Jim Furyk (US Open 2003), Ben Curtis (British Open 2003), Shaun Micheel (USPGA 2003) et Phil Mickelson (Masters 2004), suivis du Sud-Africain Retief Goosen (US Open 2004) avant le succès surprenant de Todd Hamilton au Royal Troon.

Par ailleurs, excepté Retief Goosen, qui a conquis il y a un mois son deuxième Major, tous les autres s'imposaient quant à eux pour la première fois à ce niveau. Ce qui démontre véritablement une tendance générale au niveau du golf en ce début du 21e siècle, où chaque concurrent possède une chance de rivaliser avec les ténors, y compris dans les moments de haute tension!

Bref, plus personne ne craint... personne. Dans ce cadre, le classement des gains du PGA Tour 2004, l'autre référence principale pour le gratin mondial, est particulièrement disputé cette année. Phil Mickelson vient d'y reprendre la tête du classement au détriment de Vijay Singh. Le gaucher américain a, il est vrai, frappé un grand coup cette saison en s'imposant au Masters, avant de terminer deuxième à l'US Open et troisième au British Open.

Tout comme Ernie Els, il vient de dépasser la barre des 5000000 dollars, tandis que Retief Goosen, Tiger Woods et le jeune Australien Adam Scott (vainqueur notamment du Players Championship) suivent le mouvement avec seulement environ 3000000 de dollars. Les prochains tournois à ce niveau, où Tiger Woods ne peut plus se permettre de jouer avec parcimonie, risquent dès lors de bouleverser le classement mondial, qui changera de leader normalement d'ici l'issue de l'USPGA. A moins d'un sursaut d'orgueil du Tigre...

© Les Sports 2004