Sur le 16è trou de l’Open de Phoenix, en Arizona, la foule devient complètement hystérique.

L’Open de golf de Phoenix, qui se dispute cette semaine en Arizona, est l’un des plus attendus de l’année. Il n’a évidemment pas le cachet d’un tournoi du Grand Chelem. Mais c’est assurément le plus déroutant et atypique du PGA Tour américain. « C’est complètement dingue. On se croirait à un festival rock avec un public survolté qui carbure à la bière du matin au soir» raconte Nicolas Colsaerts qui a participé deux fois à cette épreuve défiant la raison.

Le tournoi se dispute traditionnellement la semaine du Superbowl, la finale du championnat de football américain qui paralyse tout le pays devant le petit écran. Cette échéance participe, au fil des quatre tours, à une lente montée d’adrénaline. Le show est partout et, notamment, sur le légendaire trou n°16. Sur ce petit par 3 de 150 mètres, on se croirait au cœur d’une arène. Les joueurs l’ont d’ailleurs baptisé le « trou du diable ».

Le fairways et le green sont ceinturés par de vastes tribunes où le public, imbibé d’alcool et en transe, se masse. Au gré de ses humeurs, il hurle, insulte ou vénère. On est à des années lumières des traditions du golf, sport de grand respect. Mais c’est l’ADN de ce tournoi pas comme les autres qui s’apparente, un peu, aux jeux du cirque.

Les joueurs sont prévenus et jouent le jeu. Chambrés, parfois hués en fonction de leur coup ou de leur attitude, ils acceptent le verdict de la foule avec le sourire. Certains débarquent sur ce trou mythique avec un maillot d’une des équipes du Superbowl, histoire de faire grimper les décibels. Lors du premier tour de cette édition 2020, Tony Finau est arrivé avec le maillot de Kobe Bryant et tout le Colisée, ému, s’est mis à applaudir.

Au vrai, ce « trou du diable » ne ressemble à aucun autre. La tradition veut que, sur le chemin du green, les joueurs distribuent des cadeaux à la foule. Tout est bon : des balles, des t-shirts, des casquettes. Lors de son dernier passage, Nicolas Colsaerts avait ainsi offert de petits ballotins de pralines belges qui récoltèrent un grand succès.

Certains joueurs n’apprécient guère ce tournoi si atypique. Tiger Woods, par exemple, n’est pas un grand fan même si, en 1997, pour sa première apparition dans l’épreuve, il avait signé un hystérique « hole in one » qui avait électrisé une foule nourrie au biberon de la Budweiser!