Star du golf mondial depuis plus de quinze ans, Sergio Garcia était, dimanche dernier, de passage au Zoute à l’occasion du tournoi Kings of Golf. Pour l’occasion, le champion espagnol, 33 ans, a retrouvé son pote Nicolas Colsaerts avec qui il avait joué en foursome lors de la dernière et mémorable Ryder Cup de Medinah.

Depuis, les deux champions s’apprécient et n’hésitent pas à se conseiller mutuellement. Ils ont, il est vrai, un peu la même personnalité atypique et le même style de jeu flamboyant et spectaculaire. "Nicolas est un joueur très talentueux. Il maîtrise tous les coups et possède, en outre, une fantastique longueur de balle. Il peut vraiment viser très haut", nous confie d’entrée "El Niño". Lorsqu’on lui rappelle que la saison du "Belgian Bomber" a été, jusqu’ici, mi-figue mi-raisin, Sergio Garcia se garde de toute critique. "C’était prévisible. Nicolas a fait ses débuts sur le PGA Tour américain. C’est un autre monde, une autre culture. Tout est différent : les parcours et le niveau de jeu, bien sûr, mais aussi l’ambiance générale, la vie quotidienne, la culture, la nourriture. Pour tous les joueurs européens, il faut un temps d’adaptation. Je suis convaincu qu’il signera de bien meilleurs résultats l’an prochain. En golf, la patience est la plus importante des vertus…"

De nombreux points communs

A l’instar du Bruxellois, l’Espagnol n’est pas un grand fan de la vie "made in USA". "Je joue beaucoup aux States depuis mes débuts professionnels. Mais, au contraire d’autres joueurs européens comme Luke Donald, Justin Rose ou Ian Poulter, je n’ai pas voulu devenir résident américain. Je suis trop attaché aux valeurs de la vieille Europe. Je vis à Genève, où j’aime me ressourcer. Et je profite de mes semaines de congé pour prendre un peu de soleil en Espagne pour voir la famille et les amis. Je crois que Nicolas est un peu dans le même état d’esprit. Qu’il se rassure : il est parfaitement possible de jouer les grands tournois américains tout en vivant en Europe. C’est une question de gestion d’agenda et de priorités dans le calendrier…"

Révélé à la planète golf en 1999 lorsque, du haut de ses 19 ans, il défia Tiger Woods lors d’un mémorable USPGA, Sergio Garcia n’a, depuis, jamais réellement quitté le haut de l’affiche. Vainqueur de 17 tournois (8 sur l’European Tour, 9 sur le PGA Tour) depuis le début de sa carrière, il n’a curieusement pas encore réussi à remporter un Grand Chelem. "Je suis passé trois fois tout près. C’est râlant, évidemment. Mais je continuerai à essayer ! De toute façon, ce n’est pas la fin du monde. Ma vie ne sera pas meilleure si je gagne un Major…"

Après avoir connu de gros soucis au putting, l’Espagnol a changé récemment de grip. Ses statistiques sur les greens sont, du coup, devenues bien meilleures. "Le golf est un sport bizarre. Tout se passe d’abord dans la tête. Il y a la technique, bien sûr. Mais il faut aussi de la confiance et de l’expérience…"

Il reconnaît avoir mis un peu de temps à trouver la voie de la sagesse. Aussi bien sur le plan golfique que personnel. "J’ai eu des hauts et des bas. J’ai traversé des périodes de désillusions. Un moment, j’ai même envisagé d’arrêter le golf. J’avais perdu l’envie. Mais la passion a vite pris le dessus. Et puis, je suis un vrai compétiteur…"

Lorsqu’il n’est pas sur les fairways, Sergio Garcia aime échanger les chaussures à spikes par celles à crampons. "J’adore le football. Je suis un grand supporter du Real Madrid. Mais je suis surtout attaché à mon club d’enfance, le FC Borriol, situé près de Castellon et qui joue en troisième division. J’en suis le président. Mais il m’arrive aussi de monter sur le terrain !"

A l’évidence, Sergio Garcia et Nicolas Colsaerts ont de nombreux points communs. A la ville comme à la scène. Ce n’est pas un hasard si, l’un et l’autre, ont confié leur management à des structures modestes plutôt qu’à de grands groupes. Ce n’est pas un hasard, non plus, s’ils ont fait de la Ryder Cup leur compétition favorite. "Elle me donne des ailes. Elle me transcende. C’est peut-être parce qu’elle se joue par équipe et que j’ai le sang chaud. Un jour, j’aimerais bien devenir capitaine pour motiver les joueurs…"