Nicolas Colsaerts se souviendra longtemps du trou n°13 du parcours suédois du Barseback, près de Malmö. Alors qu'il était pointé, dimanche, en deuxième position du Masters de Scandinavie, le joueur belge a concédé un quadruple bogey dévastateur (8 sur un par 4) qui brisa ses dernières illusions et le fit basculer au classement au-delà de la vingtième place.

Sur ce trou maudit, Colsaerts a connu tous les malheurs : une balle collée à un arbre sur le premier coup, une balle perdue dans les fougères sur le deuxième, un bunker mal placé avec un arbre dans le chemin sur le cinquième, une approche et deux putts. Le compte est bon...

Après sa partie, Colsaerts était abattu. Une fois de plus, le voilà la cible des critiques qui lui reprochent son incapacité à conserver le même niveau de jeu durant quatre jours, à maîtriser la tension et à conserver un bon résultat. De fait, ce n'est pas la première fois que le protégé de Michel Vanmeerbeek s'effondre en bout de course.

A l'analyse, les statistiques du joueur bruxellois ne sont pas mauvaises. Cette saison, Nicolas Colsaerts a participé à 21 tournois sur l'European Tour. Il a passé le cut à 13 reprises. Il a surtout titillé les meilleurs lors de plusieurs épreuves (Open de Madère, Open du Portugal, Open d'Italie, BMW Championship, Open du Pays de Galles, Open d'Ecosse et, bien sûr; Masters de Scandinavie).

Chaque fois, à un moment ou à un autre, Colsaerts s'est retrouvé dans le Top 10. Mais, chaque fois, il a connu une journée très difficile où il a perdu toutes ses chances. Le golf ne pardonne rien. Il suffit d'un mauvais trou pour que tous les beaux rêves s'effondrent. Et là, visiblement, le champion belge a encore des progrès à faire. Si l'on décrypte ses résultats, on constate qu'il a toujours rentré, lors du week-end décisif, une carte anormalement haute (81 à Madère, 77 en Algarve, 83 en Irlande, 78 au Pays de Galles, 79 en Ecosse et un 79 en Scandinavie). A ce niveau, cela ne pardonne pas.

Il est évident que Nicolas a encore des progrès à faire dans la gestion du stress des fins de compétition et qu'il doit apprendre, lorsqu'il n'est pas dans un bon jour, à davantage limiter la casse. Pour un attaquant naturel, qui joue souvent à l'instinct, ce n'est pas le plus simple. Mais c'est la force des grands joueurs de savoir faire preuve de prudence et de sagesse tactique dans les moments difficiles, quitte à accepter l'un ou l'autre bogey.

Il nous tarde de voir l'artiste du Waterloo sur la plus haute marche d'un podium tant son talent est grand. Mais à défaut d'avoir gagné son premier tournoi sur le Tour, Colsaerts a prouvé, depuis le début de la saison, qu'il avait le potentiel pour défier les meilleurs. Il n'a que 23 ans. En golf, c'est encore un gamin même s'il a déjà cinq saisons de pro sur son CV.

Osons croire simplement que le coup de massue reçu à Malmö ne freinera pas son élan (cinq cuts consécutifs franchis lors des cinq derniers tournois). Ne l'oublions pas: son premier objectif est d'assurer sa carte sur l'European Tour 2007. Pour cela, il lui reste quelques euros (30 000 environ) à remporter. Pourquoi pas dès cette semaine lors de l'Open des Pays-Bas?

© Les Sports 2006