Voilà plusieurs années que la Belgique swingue au rythme des exploits de Nicolas Colsaerts, Thomas Pieters et Thomas Detry. Mais, au plus haut niveau, notre golf se décline aussi au féminin. Manon De Roey, 28 ans, ne cesse de le prouver. Depuis le début de la saison, la championne anversoise collectionne les belles performances sur le "Ladies European Tour". Elle compte déjà quatre Top 10 à son tableau de chasse et occupe la troisième place au classement européen annuel ("Road to Costa del Sol"). "J’ai clairement franchi un cap, je suis dans une spirale positive", sourit-elle.

Manon a commencé le golf à l’âge de douze ans, à Brasschaat, guidée par son papa et son frère. Le swing dans la peau, elle a ensuite brûlé les étapes dans les catégories d’âge, multipliant les victoires chez les juniores au sein de son club de Rinkven. "Parallèlement, je jouais aussi au hockey sous les couleurs du Royal Antwerp. Mais après avoir un moment hésité, j’ai préféré le driver au stick…"

Passée par la Topsport School de Hasselt, qui forme tant de champions sportifs flamands, elle bénéficie à 18 ans d’une bourse pour continuer ses études à l’Université américaine de New Mexico. "J’ai suivi les cours de psychologie et, en même temps, j’ai perfectionné mon golf avec les élites US dans un encadrement très pointu. C’était une expérience fantastique !"

Son diplôme en poche, elle se lance, en 2015, dans la carrière de joueuse professionnelle. Un vrai défi sur tous les plans. "Je suis partie du bas de l’échelle européenne. Ce n’était pas évident. C’était une nouvelle vie de nomade. Au début, j’ai un peu souffert pour trouver mes marques. Mais, là, depuis un peu plus d’un an, je me sens libérée. J’ai la chance de travailler avec Michel Vanmeerbeek, le coach de Nicolas Colsaerts et Thomas Detry. Il a rendu mon golf plus facile, plus intuitif, plus performant. Quelque part, il m’a libérée et m’a donné confiance. Et je bosse aussi avec Jérôme Theunis pour le putting et le petit jeu. J’ai l’impression de progresser chaque jour…"

Ce dernier confirme. "Elle possède un grand potentiel grâce à une très bonne frappe de balle, un bon petit jeu et, surtout, une excellente mentalité. Pour moi, à terme, elle pourrait parfaitement intégrer le circuit professionnel américain…"

Elle n’en est pas encore là. Pour l’heure, elle espère bien terminer cette curieuse saison 2020, marquée par l’annulation de nombreux tournois, dont celui des Jeux Olympiques, qui alimentaient ses rêves. "Mais je suis sur la bonne voie. Je sais désormais que je peux lutter avec les meilleures. En février dernier, j’aurais même dû remporter le tournoi de Dubbo, en Australie. J’étais en tête lors du dernier tour. Mais c’est le métier qui rentre !"

Dans les équipes d’âge, Manon a souvent partagé les entraînements et les compétitions avec son pote Thomas Pieters. "On a le même âge et il me sert un peu de référence. J’espère le rejoindre rapidement en haut de l’affiche…"