Le Masters retrouve, ce jeudi, sa place habituelle au calendrier. Le premier Grand Chelem de l’année se profile comme un grand cru. Certes, seul un public restreint (environ 10 000 spectateurs par jour) pourra assister, sur place, à l’événement. Certes, l’ombre de Tiger Woods - toujours en convalescence après son terrible accident de la route - planera sur le tournoi. Mais l’affiche a néanmoins tout pour plaire aux passionnés de swing.

Vainqueur de l’épreuve l’automne dernier et n°1 mondial, Dustin Johnson fait figure de favori logique. Mais l’Américain a été plutôt décevant lors de ses trois dernières sorties (WGC Workday, Players Championship et WGC Match Play). Du coup, la cote de Justin Thomas est remontée en flèche chez les bookmakers. Le natif de Louisville, lauréat du Players, est en grande forme. Et il a clairement le jeu pour dompter les pièges du diabolique parcours d’Augusta. Après une traversée du désert de quatre ans, Jordan Spieth a également ses adeptes. Vainqueur dimanche du Texas Open, l’ex-n°1 mondial a retrouvé son fameux "petit jeu". Et chacun sait combien le Masters - qu’il a remporté en 2015 - l’inspire. En confiance, c’est le meilleur putter du monde.

Ceci dit, cette fois encore, tous les regards seront tournés vers Bryson DeChambeau. Le colosse californien a fait de la conquête du Graal géorgien une véritable obsession. En novembre dernier, il s’était pris les pieds dans le tapis vert d’Augusta, passant le cut de justesse et terminant à la 34e place. Une véritable gifle. Cette fois, l’Américain veut prendre sa revanche. "Je ne commettrai plus les mêmes erreurs", dit-il, sûr d’avoir trouvé la recette miracle pour mater le parcours.

Avec ses doglegs, ses arbres haut perchés, ses fairways en pente et ses greens illisibles, Augusta se marie mal avec le jeu tout en puissance du "Scientist". Mais on sait aussi que DeChambeau adore les challenges impossibles.

Et les Européens dans tout ça ? Ils auront évidemment leur mot à dire. Jeune papa depuis trois jours, l’Espagnol Rahm rêve, à son retour à la maison, d’envelopper le petit Kepa d’une jolie "green jacket". L’armada anglaise, emmenée par Tyrell Hatton, Matthew Fitzpatrick, Paul Casey, Lee Westwood, Tommy Fleetwood et Justin Rose, a aussi -de grandes ambitions.

Et puis, il y a, bien sûr, le cas Rory McIlroy. Redescendu à la 13e place du ranking mondial, le Nord-Irlandais traverse une période très délicate. Sa dernière victoire remonte à 2019. En crise avec son driver, il attend donc avec impatience le grand déclic. Sur le papier, le Masters n’est pas son tournoi préféré. C’est même le seul Major qui manque à son tableau de chasse. McIlroy s’est retrouvé plusieurs fois en pole position pour s’adjuger l’épreuve. Mais il s’est chaque fois planté lors du dernier tour, comme s’il s’agissait d’une malédiction. Qui sait? Cette année sera peut-être la bonne!

Il n’y aura pas de joueur belge, cette année, au départ du tournoi. Un moment en course pour la qualification, Thomas Pieters et Thomas Detry n’ont pas réussi à accrocher le bon wagon. La façon la plus simple d’obtenir le précieux sésame pour participer au Major géorgien est de faire partie du top 50 mondial. Actuellement, Detry pointe à la 79e place et Pieters à la 80e. Pour rappel, le joueur anversois avait terminé en quatrième position de l’édition de 2017. Théoriquement, les deux joueurs belges sont assurés, en revanche, de disputer le PGA Championship (20-23 mai), deuxième Grand Chelem de l’année.