L'Australien Geoff Ogilvy a parfaitement profité d'un dernier trou cauchemardesque de l'Américain Phil Mickelson pour remporter l'US Open, deuxième tournoi du Grand Chelem, sur le parcours de Mamaroneck (New York), dimanche.

"Je suis encore sous le choc ! Je ne peux tout simplement pas croire que j'ai fait cela. Je suis totalement idiot", se lamentait Mickelson quelques minutes après avoir terminé son parcours.

En s'avançant au départ du trou N.18, Mickelson était effectivement seul avec l'Histoire. Avec son histoire. En tête avec un coup d'avance et dernier joueur sur le parcours, le gaucher avait l'occasion de remporter son troisième titre du Grand chelem consécutif. Las ! Un premier coup à gauche qui rebondit sur les tentes VIP, un 2e coup du chemin des spectateurs qui heurte un arbre 50 m plus loin, un 3e qui atterrit dans un bunker à gauche du green et un 4e qui roule 10 m au-delà du drapeau. Le par était manqué !

Et le Californien, qui a fêté ses 36 ans vendredi, n'allait même pas sauver le bogey qui lui aurait offert un barrage contre Ogilvy sur un 5e parcours complet lundi.

Pendant ce temps, essayait de réaliser devant les écrans TV, qu'il était en train d'empocher son premier tournoi du Grand Chelem en devenant le premier Australien depuis David Graham en 1981 à s'imposer à l'US Open. "J'ai l'impression d'être le grand bénéficiaire d'une oeuvre de charité", balbutiait simplement le futur papa de 29 ans.

Le jeune homme originaire de Melbourne faisait référence au naufrage de Mickelson, tout autant qu'à la difficulté incroyable du parcours. En témoigne le score de 285, le plus élevé au dessus du par (+5) pour un vainqueur de l'US Open depuis 1974, quand le tournoi s'était justement joué sur ce même parcours new-yorkais. Pourtant toute la journée, la foule, massée sur le parcours de Winged Foot, avait cru à la victoire de leur favori, surtout depuis l'élimination vendredi du N.1 mondial, Tiger Woods.

Au trou N.14, un birdie avait même donné deux coups d'avance à Mickelson. Un bogey au N.16 avait sonné l'alarme. D'autant que dans le même temps, Ogilvy sauvait le par au N.17 sur un extraordinaire chip, qui le mettait alors en troisième position derrière Mickelson et l'Ecossais Colin Montgomerie.

Mais comme Mickelson, Montgomerie sombrait sur le N.18, avec un double bogey, pour finir deuxième ex-aequo avec Mickelson et Jim Furyk, le dernier vainqueur américain (2003), laissant la vedette à cet Australien installé en Arizona et professionnel depuis 1998 mais sur le circuit PGA depuis 2001, où il comptait deux succès.