Ce ne sont pas les interrogations qui manquent à l’aube de la 84e édition du Masters, la première de l'histoire à se dérouler au mois de novembre et à huis clos. Coach attitré de Thomas Detry et Thomas Pieters, Jérôme Theunis nous aide à y voir plus clair.

Le fait que le Masters se dispute en novembre aura-t-il des conséquences sur le jeu ?

“Oui, probablement. Les fairways seront plus souples, les balles rouleront moins. D’autant que les prévisions météorologiques annoncent des orages et pas mal de pluie. Les greens, qui bénéficient d’un système anti-humidité ultra-sophistiqué, devraient être comme à l’habitude, très fermes. Ceci dit, je crois que, pour les champions, le plus grand changement concernera les repères habituels. Le décor sera très différent et l’absence de public aura aussi une influence.”

Vainqueur de l’US Open, Bryson DeChambeau est souvent cité parmi les favoris. Qu’en pensez-vous ?

“Avec son incroyable force de frappe et sa portée de balle impressionnante, il aura clairement un coup à jouer. On évoque souvent sa puissance et ses drives à plus de 350 mètres. Mais l’Américain excelle aussi dans le petit jeu et au putting. C’est un joueur complet, fin stratège, très patient. Alors oui, à mes yeux, il peut parfaitement gagner cette année !”

Cette nouvelle façon de jouer, en frappant des drives supersoniques quitte à jouer ensuite dans le rough, est-elle dérangeante ?

“Non. Elle fait partie de l’évolution. Les champions ont toujours cherché à repousser leurs limites, dans tous les sports. En golf, Jack Nicklaus et Tiger Woods ont aussi, à une époque, frappé plus loin que leurs adversaires. DeChambeau est dans la même lignée. Et je crois que c’est une tendance de fond. La nouvelle génération américaine travaille de plus en plus la longueur au drive. Mais je le répète, frapper fort ne suffit pas pour gagner. Il faut que tout le reste suive.”

Tiger peut-il renouveler sa victoire de l’an passé ?

“J’aimerais bien. Mais j’ai peur que ce soit compliqué. Son succès de 2019 a été exceptionnel. C’est le plus beau come-back de l’histoire du golf. Mais, cette fois, il n’est pas dans le même état d’esprit. Il a toujours une chance car c’est un champion unique. Et il maîtrise parfaitement le parcours. Mais je pense qu’il faut plutôt chercher le vainqueur dans la nouvelle génération de joueurs-frappeurs emmenée par Bryson DeChambeau, Jon Rahm, Justin Thomas, Dustin Johnson, Matthew Wolff ou Xander Schauffele.”

Le Masters est le seul Major qui manque au palmarès de Rory McIlroy. Peut-il enfin exorciser ses démons ?

“Il a évidemment le jeu pour gagner à Augusta. D’ailleurs, il a souvent été tout près d’y arriver. Pour s’imposer, il devra être dans une très bonne semaine et, surtout, être très régulier au putting. Or, c’est dans ce secteur-clé qu’il est traditionnellement le plus faible. Et au Masters, ça ne pardonne pas !”Ce ne sont pas les interrogations qui manquent à l’aube de la 84e édition du Masters, la première à se dérouler au mois de novembre et à huis clos. Coach attitré de Thomas Detry et Thomas Pieters, Jérôme Theunis nous aide à y voir plus clair.