Golf Europe est le plus grand salon d'Europe continentale consacré au golf et se déroule chaque année à Munich. Tous les fabricants de matériel sont venus y dévoiler leurs nouveautés de l'année 2004 à un public exclusivement professionnel. C'était l'occasion rêvée de découvrir ce qui garnirait un sac de golf la saison prochaine.

Puissance et longueur restent les arguments clés de tous les fabricants. Les drivers en constituent la figure de proue. Le volume des têtes qui ne fait que s'accroître continue sur la même voie: on dépasse couramment les 400 cc pour se rapprocher de la limite fatidique des 470 cc (mesure d'application à partir du 1/01/2005 aux USA).

Dans cette catégorie, on retrouve le Launcher 460 cc de Cleveland, le TaylorMade R 580-XD (440 cc), le Wilson Deep Red II Maxx (450 cc), le Nike Forged Titanium 450 ou le Cobra SS-427. Mais tous ne suivent pas cette tendance, ainsi l'ERC Fusion (360 cc) qui constitue le nouveau fleuron de Callaway. On relèvera également l'étonnant Cyberstar Power Brid de Yonex, un driver dont la tête en deux pièces est conçue de façon à ce que l'angle de lancement augmente à l'impact.

Woods a repris ses fers

Pour qui cherchera à changer ses fers en 2004, rien de bien neuf n'est venu bousculer le paysage en la matière. Nike avance un argument original avec sa série Slingshot (littéralement, lance-pierre). La face arrière creusée du club est dotée d'une bride reliant le talon à l'extrémité de la tête, influençant directement le centre de gravité (très bas sur les longs fers pour se redresser progressivement sur les petits fers). Reste à voir si ce concept neuf permettra à la célèbre marque de rallier les faveurs du public après l'annonce que Tiger Woods -figure emblématique s'il en est- abandonnait son driver Nike pour reprendre son Titleist.

On ne pourra plus ignorer davantage la montée en puissance des driving irons, encore appelés bois utility ou rescue, ces engins à mi-chemin entre le bois et le fer.

Ils sont là pour faciliter la vie à l'amateur, souvent mal à l'aise avec ses longs fers. Le concept n'est pas neuf mais le succès rencontré par ce club hybride a amené la plupart des constructeurs à étoffer leur gamme. Ainsi en va-t-il chez Mizuno (Fli-Hi), Nike (CPR), La Jolla EZ, Srixon (gamme U), TaylorMade (Rescue Mid-woods), Wilson (FS III hybrid),...

Du côté des putters, tous les fabricants ont renforcé leur gamme avec des modèles dont le centre de gravité est reculé à l'extrême, à l'instar du célèbre 2-ball de Odyssey. Leur nom: Rossa Monza chez TaylorMade, Bettinardi Big Ben chez Ben Hogan, Scotty Cameron Futura chez Titleist, OZ Mallet Putter chez Nike, sans oublier naturellement le «Amazing Grace MOI» (Bobby Grace) avec lequel Retief Goosen a connu une année remarquable.

Rigidité accrue de la balle

2004 ne verra pas apparaître de balle qui va plus droit! Par contre, les fabricants rivalisent sur la longueur que leurs joyaux respectifs sont capables d'atteindre. Le ton avait été donné par Titleist et sa Pro-V 1. Le succès commercial de cette balle demeure exceptionnel malgré un prix nettement au-delà de la moyenne. La Pro V 1x sortie en janvier mais réservée aux joueurs de très bon niveau a conforté Titleist à la place de N°1 mondial des balles de haut de gamme. Pour rivaliser avec cet ogre du marché, Callaway lance en 2004 une nouvelle HX Tour. Cette dernière épouse la structure de cover en nid d'abeille propre à la série HX mais revue pour gagner en finesse de toucher et en résistance; elle se voit dotée d'un noyau plus rigide afin de gagner de la distance.

Si 2004 ne verra donc pas de révolution, il est indéniable que tous les fabricants de matériel ont raffiné leurs concepts pour nous offrir des produits de plus en plus aboutis. Soit une (r)évolution lente... au bénéfice des joueurs.

© Les Sports 2003