Le compte à rebours a commencé. Thomas Detry s’apprête à participer, ce jeudi, à l’US Open qui se disputera à Mamaroneck, près de New York. Ce sera sa pendaison de crémaillère dans un Grand Chelem. Professionnel depuis 2016, le Bruxellois n’a cessé de gravir les échelons. Talentueux et travailleur, il a suivi, à la lettre, le road book ambitieux qu’il avait en tête. Ce premier Major s’inscrit comme une nouvelle étape qui en annonce plein d’autres. Le champion bruxellois n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Au contraire.

Dans quel état d’esprit abordez-vous cet US Open ?

"Je me sens en pleine confiance. Avec le lockdown qui a arrêté les compétitions pendant plusieurs mois, cette saison a été très bizarre. Mais j’ai de très bonnes sensations depuis la reprise sur l’European Tour, en juillet. J’ai signé de bons résultats lors de l’UK Swing avec, notamment, deux deuxièmes places. Mon jeu est bien en place. Et j’ai hâte de me retrouver sur le tee n°1 du Winged Foot GC !"

Avez-vous dû passer une quarantaine en arrivant aux États-Unis.

"Non. À l’instar des autres joueurs européens, j’ai reçu une dérogation de l’USGA. Nous avons été testés lors de tous les tournois de l’European Tour. Et nous le sommes également ici. Avec mon coach, Jérôme Theunis, nous avons loué une petite maison près du parcours pour éviter les déplacements. Tout est OK à ce niveau."

Un premier Grand Chelem, ça compte ! Êtes-vous stressé ?

"Non, pas vraiment. En fait, je savoure ! En début d’année, je m’étais fixé trois objectifs : entrer dans le top 100 mondial, disputer mon premier Major et gagner mon premier tournoi sur l’European Tour. J’ai déjà relevé deux challenges. Il me reste à présent à soulever un trophée. Je suis passé tout près plusieurs fois. Mais la balle n’a pas voulu tomber. Mais mon jeu est là. C’est juste une question de patience. Je ne m’inquiète pas !"

Quelle est votre ambition dans cet US Open?

"Ce sera une première. Forcément, je manque d’expérience à un tel niveau. Mais je crois que j’ai le potentiel pour passer le cut et, ensuite, viser une place dans le top 20, voire davantage. En tout cas, je n’aborde pas ce tournoi en me disant que je suis là uniquement pour apprendre et regarder. L’idée est d’être compétitif dès le premier jour, de bien performer et de prendre un maximum de plaisir. C’est avec cette essence-là que je fonctionne le mieux !"

Que pensez-vous du parcours du Winged Foot GC, théâtre de ce 120e US Open?

"C’est un terrain assez classique dans son dessin. Mais il a été préparé en mode US Open avec des fairways étroits, du rough épais et des greens très rapides. Il n’y a pas de secret : il faudra être long, précis, concentré et régulier. Et savoir accepter quelques bogeys. La patience sera une grande vertu. Dans ce contexte, je suis content d’avoir disputé, voici dix jours, l’Andalucia Masters à Valderrama. Le parcours de Sotogrande était diabolique et c’était donc un excellent entraînement, notamment au niveau des greens. J’ai commis quelques erreurs, notamment au wedging, en raison d’un loft mal réglé. Tout est corrigé. Je suis prêt !"

Votre progression dans la hiérarchie est linéaire. Après avoir intégré le Top 100 mondial, envisagez-vous le Top 50 ?

"J’essaie toujours de voir plus loin et plus haut. Mais les choses viennent naturellement. Si je continue à signer de bons résultats, le ranking suivra. C’est sûr que j’aimerais entrer dès que possible dans ce top 50 qui ouvre les portes des grands tournois internationaux. Mais chaque chose en son temps."

Seriez-vous prêt à privilégier le PGA Tour américain et à vous installer aux États-Unis ?

"Le PGA Tour, c’est le must. La première division. C’est là que les meilleurs joueurs du monde évoluent chaque semaine. Alors oui, bien sûr, j’espère un jour faire partie de ce circuit. J’ai fait mes études universitaires dans l’Illinois. J’ai appris à connaître la culture et la mentalité américaines. Je n’aurais aucun problème d’adaptation. Mais, quoi qu’il arrive, je continuerai aussi à jouer en Europe, où se trouvent mes racines.Mais, pour l'heure, tout cela n'est pas d'actualité."

Pas davantage que la place de n°1 belge que vous pourriez bientôt ravir à votre ami Thomas Pieters…

«Ce n’est pas vraiment important. On essaie tous les deux de signer les meilleurs résultats et d’avoir le meilleur classement mondial. Le ranking belge est un peu anecdotique ! »

Et si vous vous retrouviez, samedi ou dimanche, dans le même flight que  Tiger Woods ou Dustin Johnson ?

"Ce serait génial, non ? J’ai déjà eu la chance de partager le flight de champions comme Rahm, McIlroy, Fleetwood, Garcia ou Oosthuizen lors de différents tournois européens. J’ai appris en jouant avec eux. Si je dois jouer avec Tiger ou Dustin, ce sera un plus !"