Ainsi donc, Tiger Woods est bien un simple humain, fait de chair et de sang, avec ses forces et ses faiblesses. A force de le voir tout gagner, tel un robot parachuté sur les greens, on finissait par en douter ! En terminant cinquième, lundi, des "World Championships" de Doral, le n° 1 mondial a, pour un temps, quitté son statut d'extraterrestre. Histoire de souffler un peu...

Voilà six mois, il est vrai, que le champion américain collectionnait les victoires à un rythme hallucinant. Invaincu en 2008, il restait sur cinq succès consécutifs sur le PGA Tour, et certains l'imaginaient déjà pulvériser le record de Byron Nelson, qui à une autre époque, avait gagné 11 tournois d'affilée sur ce même circuit !

A l'heure d'expliquer ce premier "revers", le "Tigre" pointait du doigt un seul coupable : son putting. "J'ai concédé quatre fois trois putts sur le tournoi. C'est beaucoup, et cela se paye. A l'arrivée, il ne m'a manqué que deux coups pour rejoindre la tête. Les gens ne s'imaginent pas vraiment pas à quel point, en golf, la différence est minime entre une victoire et une défaite. C'est de l'ordre du simple détail..."

On se gardera bien, en tout cas, d'évoquer une baisse de régime de Woods. Certes, ce dernier a connu une mauvaise journée, le samedi, où il dut se contenter du... par ! Mais on ne peut raisonnablement pas parler de contre-performance pour un joueur qui termine un tournoi à 15 coups sous le par ! Obsédé par les victoires et les records, Tiger aurait sûrement aimé poursuivre sa phénoménale série. Mais, quelque part, ce petit bémol lui sera peut-être bénéfique dans l'optique du prochain Masters d'Augusta qui se profile (du 10 au 13 avril).

On sait qu'il a fait du rendez-vous d'Augusta l'un des grands objectifs de sa saison. Il espère y conquérir une cinquième "green jacket" et un quatorzième sacre dans un Grand Chelem. Sa défaite de Doral lui évitera tout excès de confiance. Il n'en sera évidemment que plus redoutable.

Ce Masters s'annonce, en tout cas, passionnant. Car si Woods en sera le grandissime favori, il aura, derrière lui, une meute de prétendants. A commencer par ce diable de Geoff Ogilvy, impérial à Doral. Sans beaucoup défrayer les chroniques, l'Australien (30 ans) est en train de se constituer un solide palmarès avec notamment un US Open (2006), un championnat du monde match-play (2006) et, donc, un CA World Championships (2008). Leader dès le premier jour, l'Australien contrôla toujours la situation, ne concédant son premier et seul bogey qu'au 61e trou ! Obligé de terminer les neuf derniers trous le lundi en raison des conditions climatiques, il ne commit pas la moindre faute et résista, sans trembler, au retour Singh, Goosen et Furyk, qui chassaient derrière lui et qui échouèrent finalement à un petit stroke. C'est évidemment la marque d'un grand champion, très solide mentalement dans les moments importants. "J'ai commencé ma saison avec du retard en raison de la naissance de mon deuxième enfant. Mais, là, j'ai retrouvé le bon rythme", se contenta d'expliquer le lauréat. C'est le moins que l'on puisse dire...