Mais où va donc s'arrêter Tiger Woods ? Dimanche, dans la banlieue d'Atlanta, sur le parcours trop facile du East Lake Golf Club, il a donné un nouveau récital, en explosant, avec une carte de - 23 (contre - 17 précédemment) le record du parcours. Mais l'Américain a aussi explosé les dernières petites illusions entretenues par ses rivaux, ses deux premiers dauphins sur le podium, Zach Jonhson et Mark Calcavecchia, terminant huit coups derrière lui. "C'est difficile de parler de lui , a avoué pour sa part Jonhson, lauréat cette année du Masters à Augusta. C'est tellement une particularité de la nature. Je veux dire, c'est quelqu'un de normal, mais il est tellement exceptionnel à la fois. Je suis vraiment admiratif de ce qu'il réalise..."

Sur ce parcours sans défense par un joueur aussi précis que Woods, les birdies n'ont donc eu de cesse de défiler. Avec trois cartes de suite en moins de 65 (64-63-64), le "Tigre" avait déjà écoeuré la concurrence avant même le dernier tour. Sur la fin il s'est d'ailleurs permis de dérouler, co-signant tout de même la meilleure carte du jour (66) pour un total de 257, son score le plus bas de toute sa carrière. "Quand vous jouez, vous jouez pour gagner, martelait Woods après son succès. C'est ce que mon père m'a enseigné..."

Et comme il a bien écouté son paternel, Tiger Woods gagne et gagne encore. Il est ainsi devenu, dimanche, le premier golfeur à remporter à quatre reprises au moins sept tournois sur une même saison. Déjà cinquième joueur de l'histoire en terme de titres, il ne lui en manque qu'un seul pour égaler la légende Arnold Palmer (62). A trente ans à peine, sachant que ses plus... belles années sont à venir, on ne doute plus qu'il va pulvériser tous les records, seuls objectifs qui entretiennent le feu de sa passion. Car ce n'est plus l'argent qui le motive, lui qui est déjà depuis tant d'années le sportif au monde le mieux payé, une étiquette encore renforcée par cette 61e victoire qui lui a effectivement permis d'empocher les 1,2 millions de dollars alloués au vainqueur, somme à laquelle il faut ajouter les dix millions de dollars de bonus attribués au vainqueur de la "phase finale" , nouveau format de fin de saison du circuit PGA.

Riche, célèbre et irrésistible dans sa domination : que nous réserve l'année 2008, sachant que Woods est définitivement en harmonie avec son swing et que sa confiance n'a jamais été aussi forte ? Seule certitude : ses rivaux, au départ d'un tournoi, savent qu'ils vont se battre pour décrocher la deuxième place derrière le grand maître...