Abonné aux places d’honneur en tournoi du Grand Chelem ces dernières années, l’Australien Jason Day a remporté dimanche un US PGA Championship d’excellente facture, bouclé à vingt coups en dessous du par (record en "major") sur le parcours de Whistling Straits (Wisconsin) parsemé de plus de mille bunkers.

Leader à l’entame du dernier tour avec deux coups d’avance sur Jordan Spieth, Day a tenu le choc pour s’imposer finalement, via une dernière carte de 67 riche de sept birdies contre deux bogeys, avec trois coups d’avance sur le Texan. Spieth, vainqueur du Masters et de l’US Open cette saison, a cependant profité de cette nouvelle performance pour ravir la place de numéro un mondial à Rory McIlroy, qui a terminé 17e lors de ce tournoi de reprise après plus d’un mois d’indisponibilité pour cause de blessure à la cheville.

De son côté, Jason Day était envahi par l’émotion au moment de commenter cette première victoire en major. "Je ne serais pas là si mon père n’était pas mort quand j’avais 12 ans : une porte s’est fermée ce jour-là, une autre s’est ouverte grâce aux sacrifices faits par ma mère" a-t-il déclaré, les yeux remplis de larmes.

Au nom du père

A cette époque, sa mère, une Philippine émigrée en Australie dans les années 1980, a mis en vente la maison familiale pour financer la passion de son fils et l’envoyer dans une académie de golf où il a été pris en main par Colin Swatton, un entraîneur qui est devenu son caddie. "Pour nous deux, c’est un grand jour, on était passés si près plusieurs fois. Je suis fier de lui comme un père peut l’être de son fils", a admis Swatton, très ému lui aussi.

Day, 4e du British Open en juillet dernier à St. Andrews, avait en effet notamment déjà terminé deuxième du Masters 2011, ainsi que de l’US Open en 2011 et 2013, réussissant la bagatelle de neuf Top 10 en 20 majors.

À 27 ans, sa carrière golfique ne fait cependant que commencer. Il attendra d’ailleurs certainement la fin des Play-off de la FedExCup américaine pour prendre quelques jours de repos en compagnie de sa femme Ellie, enceinte de leur deuxième enfant, qui a assisté dimanche à une consécration comme on les aime au pays de l’oncle Sam…