Le hockey, un jeu d'hiver?

JEAN-FRANÇOIS JOURDAIN

ANALYSE

Qu'on le veuille ou non, le hockey ne sera jamais un sport d'hiver. Il est certes pratiqué (dans nos contrées, pas partout, regardez par exemple ce qui se passe en Allemagne) pendant la mauvaise saison mais, bien plus que le football par exemple, il est d'une extrême vulnérabilité vis-à-vis des caprices climatiques.

Il suffit, on le sait, qu'un terrain mouillé ne soit pas arrosé pour qu'il soit déclaré impraticable car trop dangereux. Mais un excès d'eau nuit également - l'excès nuit en tout, c'est bien connu. Une averse de grêle ? Un gros orage ? Des pluies diluviennes pendant 24 heures ? Rentrez chez vous, messieurs, le hockey ne s'accommode pas de ces choses-là. Et on se reverra un soir de semaine, devant des banquettes vides et en petit comité. Car le nombre de dates de réserve est non seulement très réduit, mais de surcroît mal programmé (début novembre, il est rare qu'il y ait déjà des matches remis).

Il ne faisait pas beau en Belgique ce dimanche, quoique cela n'ait rien de comparable avec ce qui s'est abattu sur la façade atlantique de notre continent cette semaine. Il n'en a cependant pas fallu plus pour que deux matches ne puissent se dérouler (White Star-Uccle n'a pas commencé et Louvain-Antwerp a été arrêté après 8 minutes, les hommes en jaune se rendant à l'évidence) et qu'un troisième commence avec 20 bonnes minutes de retard Le championnat s'en trouve bien évidemment tronqué, même si ce n'est que provisoire.

EXPLICATIONS

L'autre fait marquant de la semaine a été la mini-conférence de presse organisée par le président du Wellington, Gérald Deltour, mécontent, d'avoir été cité dans notre rubrique en panne et qui tenait à expliquer son point de vue.

Oui, le président du Wellington est parti en croisade, il n'y a guère, contre l'embrigadement de mercenaires dans la compétition. Oui, c'est lui qui a servi de médiateur entre les clubs en début de saison, lorsqu'on s'est aperçu d'une des nombreuses failles du règlement, qui aurait pu conduire les clubs belges à faire leurs achats en Hollande ou en Allemagne pendant toute la durée des Jeux Olympiques. Oui encore, c'est lui qui a insisté pour qu'on modifie le règlement. Mais, ajoute-t-il, si modification il y a eu, elle est insuffisante, et c'est précisément pour mettre le doigt sur ses failles actuelles qu'il applique le règlement à la lettre. Une sorte de démonstration par l'absurde, en quelque sorte. Eh quoi ? Ne me parlez pas de gentlemen's agreement explique le big boss de Danone. À quoi bon conclure des accords que chacun interprète ensuite à sa guise ? Il faut un règlement bétonné, un point c'est tout. Et je continuerai à oeuvrer dans ce sens, tout comme le fait de son côté le président ucclois, Jacques Van den Balck. Du choc des grands esprits jaillira, sans doute, la lumière. En attendant, nous prenons acte des explications du président, sans pour autant être obligé de nous ranger à son avis

© La Libre Belgique 2000