Une simple question de mentalité

RENAUD HERMAL

ORÉE

6-2

BEERSCHOT

Drôle de rencontre que celle qui s'est disputée dimanche après-midi entre deux des meilleures équipes du royaume. Drôle parce que le score ne reflète pas véritablement la physionomie de ce match qui aura vu les Oréens enregistrer leur sixième victoire consécutive. A vrai dire, on serait plutôt tenté d'affirmer que ce sont les Anversois qui se sont battus eux-mêmes. Si, finalement, le succès des joueurs de Patrick Hermans ne se discute pas, on ne sait que penser de cette formation du Beerschot capable du meilleur comme du pire. Le pire comme ce premier quart d'heure qui vit Redfearn & Cie prendre le large à 3-0 avant de terminer en boulet de canon avec trois autres buts dans les vingt dernières minutes.

Entre ces deux périodes, ce fut assurément le Beerschot qui mena la danse face à une Orée que l'on avait déjà vue plus solide. Kholopov ne pouvait être muselé par Ciselet puis Nicora alors que les Anversois avaient pris la mesure des flancs. En fin de première période, le septième pc anversois, converti enfin par John Goldberg, n'était pas du vol et laissait présager une seconde période palpitante.

Juste, puisque profitant d'un bon travail de sa division offensive, Klimovitch trompa Deneumostier (3-2) alors qu'il restait encore plus de vingt minutes de jeu.

Mais voilà, alors que ce but aurait pu leur donner des ailes, les Anversois retombèrent dans leurs travers. Les beaux mouvements firent place aux reproches et, plus grave, aux insultes entre équipiers. Les mots doux fusèrent en tous sens ce qui laissait les spectateurs neutres dubitatifs: le Beerschot est-il une équipe ou un agglomérat de bons joueurs ? La question mérite d'être posée.

Il n'est donc pas difficile d'imaginer la suite des festivités. L'Orée reprit les commandes du match et gratifia ses supporters de trois autres goals dont l'un magnifique sur un contre avec le trio magique Redfearn-Houssein et Willems qui ponctua sa prestation personnelle par trois buts.

Je pense que c'est l'état d'esprit qui a fait la différence cet après-midi, dira Patrick Hermans au terme de la rencontre. On ne peut pas lui donner tort.

© La Libre Belgique 2000