Le Beerschot métamorphosé

En une semaine et après une conversation à bâtons rompus, le Beerschot a changé d'attitude et ses joueurs ont retrouvé un comportement de battants, comme peuvent en témoigner ceux de l'Héraklès

JEAN-FRANÇOIS JOURDAIN

ÉCLAIRAGE

Cela sert parfois de lire les journaux ! La semaine dernière, notre envoyé spécial à Orée-Beerschot relevait une regrettable tendance à s'enguirlander à l'intérieur de l'équipe lorsque cela tournait mal au Beerschot. Une analyse pertinente qui n'a pas échappé à Alain Goudsmet, l'ancien hockeyeur vedette du Baudouin de la belle époque (entre autres !), qui s'est décidé à mettre en pratique ses talents de sophrologue. Résultat : une équipe métamorphosée où les onze joueurs se sont battu l'un pour l'autre, même et surtout quand l'Héraklès est revenu de 3-1 à 3-3. Une explication ?

Jusqu'il y a deux ans, il y avait au Beerschot un capitaine qui avait l'art d'arrondir les angles, Biquet Verdussen pour ne pas le citer. Depuis qu'il est parti, de nombreuses situations conflictuelles apparemment anodines se sont accumulées au Beerschot, jusqu'à générer de graves tensions entre joueurs. C'est vrai qu'une accumulation de petits noeuds finit par provoquer un méli-mélo inextricable. Mon rôle a simplement été de provoquer une franche discussion entre joueurs. J'ai été étonné du nombre de choses qui sont venues sur la table et qui seraient restées enfouies sinon, en générant une rancoeur inutile Eh bien voilà, il suffit d'une bonne petite thérapie de groupe et voilà une équipe plutôt patraque ces dernières semaines, remise sur pied comme par enchantement. Car qu'on ne s'y trompe pas, si l'Héraklès a été loin de produire son meilleur hockey, c'est parce que le Beerschot ne lui en a pas laissé l'occasion. Comme disait l'un de ses coéquipiers que nous laisserons dans l'anonymat pour ne pas raviver de tensions inutiles, Quand Vitali la boucle et joue au hockey, cela se passe tout seul. En effet.

DIABLES ROUGES

On en vient évidemment à regretter - ce n'est pas la première fois - l'absence de pareil encadrement en équipe nationale, unanimement regretté après le cuisant échec d'Osaka. Aujourd'hui, après le préparateur physique, le préparateur mental a sa place dans n'importe quelle batterie de coaches bien organisée. Évidemment, tout cela coûte cher, mais si le succès est à ce prix ?

À propos, où en est-on au niveau de l'équipe nationale ? C'est en vain que depuis le début de la saison, nous avons cherché la trace du sélectionneur national au bord d'un terrain. De source digne de foi, il nous revient qu'il aurait bel et bien assisté au match Dragons-Beerschot, qui date déjà d'il y a de nombreuses semaines. Et pour le reste, il semble qu'il envoie des espions. Nous, on veut bien, mais pourquoi alors ne pas désigner, comme l'Espagne en coupe Davis, un collège de sélectionneurs qui donneraient chacun leur avis ? Il est temps, alors que le peuple du hockey s'apprête à prendre ses quartiers d'hiver et à disputer un championnat en salle sans finale, de dire que tout cela ne fait pas très sérieux à quelques mois d'une échéance capitale à Edimbourg, pour laquelle la Belgique ne connaît toujours pas ses adversaires

© La Libre Belgique 2000