Tom François, 45 ans, hockeyeur en DH

Ce n'est pas un record : Robert Gucassoff a encore joué en DH avec le White Star à 47 ans. N'empêche qu'il est plutôt rare de voir un hockeyeur de 45 ans en division d'Honneur, et dans l'entrejeu qui plus est !

jean-françois jourdain
Tom François, 45 ans, hockeyeur en DH
©Philippe Demaret

entretien

Ce n'est pas un record : Robert Gucassoff a encore joué en DH avec le White Star à 47 ans. N'empêche qu'il est plutôt rare de voir un hockeyeur de 45 ans en division d'Honneur, et dans l'entrejeu qui plus est ! "La saison dernière, j'étais également sur la liste du Racing" rappelle celui qui porta 110 fois le maillot national à l'époque où l'on disputait nettement moins de rencontres qu'aujourd'hui. "Mais curieusement, mon ancien coéquipier Luc Melotte n'a jamais fait appel à mes services. Une anecdote : un soir, il m'a dit qu'il avait besoin de moi... Mais il s'est avéré que c'était pour jouer en vétérans ! Le reste de la saison, je l'ai passé en deuxième équipe, qui est d'ailleurs montée de 2 en 1. Le nouveau coach, Marcelo Orlando, m'a vite dit qu'il voulait m'utiliser. Je joue milieu gauche, je dribble certes moins qu'avant mais je cours toujours, je demande la balle et je la donne. J'ai la chance d'avoir toujours été épargné par les blessures et j'ai toujours le même poids qu'à l'époque où j'étais international !"

Une longue carrière donc, qui lui a valu quatre titres de champion de Belgique (deux avec la Rasante et deux avec le Dragons) et une Coupe du monde, à Sydney en 1994. Aujourd'hui, à part manier un stick le dimanche, il pratique encore le tennis, le golf et le surf. Dans son jardin d'Auderghem, avec l'aide de quelques amis, il cultive aussi une vigne qu'il a baptisée "Coteaux de Rouge-Cloître". Ce père de trois enfants, dont l'aînée joue au hockey à l'Orée, est actuellement... cinéaste. L'an dernier, il avait sorti son premier long-métrage "Control X" qui avait été peu ménagé par "La Libre", mais davantage goûté par d'autres journaux...

Mais revenons au résultat le plus marquant de la journée d'ouverture, qui a vu le Racing passer sept buts à l'Héraklès, pourtant sixième l'an dernier et auteur d'un des transferts les plus ronflants de la saison, Hayden Shaw. "Notre terrain assez sablé ne leur a pas trop convenu", explique Tom. "Pourtant, Shaw était spécialement venu pendant la semaine pour le reconnaître, mais cela ne lui a pas profité. Nous avons pratiquement marqué à chacune de nos attaques, c'est un jour où tout réussissait, mais nous avons aussi une bonne équipe. L'Argentin Paulon et le jeune Espagnol Mesa sont de vrais renforts, et notre ligne d'attaque a fière allure avec Lucas De Mot, Tchouk Truyens et Gaby Garreta. Désormais, les jeunes du cru doivent se battre pour leur place, qu'ils avaient sans doute un peu trop facilement avant - mais je m'en voudrais de ne pas souligner le travail remarquable accompli pendant des années par Luc Melotte."

Grand connaisseur de la planète hockey, comment vit Tom François le passage vers le semi-professionnalisme ? "Cela ne va pas sans poser quelques problèmes", concède-t-il. "On ne sait jamais très bien qui est payé, cela crée des suspicions et des jalousies. Mais c'est une conséquence naturelle de l'augmentation du nombre d'entraînements et la condition si l'on veut rehausser notre championnat avec des stars venues de l'extérieur."