Joy Jouret se bat pour le futur des Ukrainiens dont une partie de sa famille: "Le futur de ma cousine s’est effondré"

Ancienne capitaine des Red Panthers et fille de Plastic Bertrand, Joy Jouret va accueillir sa cousine ukrainienne dans quelques jours.

Joy Jouret se bat pour le futur des Ukrainiens dont une partie de sa famille: "Le futur de ma cousine s’est effondré"

La grande famille du hockey a encore parlé en répondant présent au grand mouvement de solidarité lancé par l’ancienne capitaine des Red Panthers, Joy Jouret - qui a de la famille à Kiev -, Laurine Delforge - l’arbitre belge qui a sifflé la finale olympique à Rio - et Yana, une joueuse ukrainienne qui a porté le maillot de l’Antwerp.

Via @help.ua.from.be, elles ont coordonné la récolte de dons dont les premiers convois sont déjà partis pour la frontière de la Pologne. "Nous avons besoin de médicaments, de nourriture, de produits pour les bébés et pour l'hygiène des adultes, raconte Joy Jouret qui a été admirative face à la mobilisation du milieu du hockey. Les dons affluent. Dans quelques jours, j'accueillerai chez moi ma petite-cousine. Elle est partie de Kiev sans rien. J'avais besoin d'un lit. Le Watducks a mis une publication sur ses réseaux. En deux heures, j'ai reçu une kyrielle de messages. Des gens sont venus me l'apporter en le remontant. C'est dingue."

Dingue comme le trajet que sa cousine a dû parcourir pour rejoindre la Belgique. "Elle a réussi à prendre un train pour rejoindre le papa d'une de mes amies à Cracovie. Ensuite, elle prendra un train à destination de Francfort. J'irai la chercher là-bas."

Son calvaire prendra alors fin. "Les émotions sont très fortes. Quand la guerre a démarré, j'ai pleuré durant trois jours."

La fille de Plastic Bertrand a ensuite laissé place à l'action avec son papa. À deux, ils ne comptent plus les caisses portées. "Il est venu m'aider à porter les caisses, ce qui n'est pas son truc à la base. Il organise un concert des années 80 pour aider à sa manière le pays de sa maman."

Joy Jouret veut être le maillon entre les parties belges et ukrainiennes de sa famille. Une famille dont l’histoire est formidable.

Sa grand-maman, du côté de son papa, a été emmenée en Allemagne dans un camp de travail "car Hitler considérait que les Ukrainiennes étaient des femmes de ménage". Elle travaillait dans un champ. Tous les jours, son grand-père passait devant le champ pour rejoindre l'usine. "Ils ne se parlaient pas. D'ailleurs, ils ne parlaient pas la même langue. À la libération, mon grand-père lui a demandé de le suivre en Belgique. Leur rencontre était improbable, explique Joy, sa petite-fille, qui s'est rendue à trois reprises à Kiev pour voir sa famille. Mes cousines habitent à Senkibka, un village situé à 40 minutes de Kiev."

La descendance des cousines de sa grand-mère habite toujours là-bas. La guerre s'est à nouveau invitée au cœur de cette tribu. "Je veux juste que tout le monde soit à l'abri. Mes cousins et cousines sont des gens comme nous qui ont fait des études. Ma cousine est traductrice. Son avenir s'est effondré. La situation est inimaginable. Durant cinq jours, ils se sont cachés dans un abri sous un immeuble. Ils ne remontaient que pour aller chercher de la nourriture."

Pour venir en aide, inscrivez-vous sur la plateforme @help.ua.from.be