Coupe du monde féminine de hockey : "Les Néerlandaises ne sont pas des robots"

Samedi soir, les Red Panthers ont gagné le droit de poursuivre leur route dans cette Coupe du monde. Elles ont même utilisé ce cross-over contre la surprise du tournoi, le Chili, comme un match d’entraînement pour préparer le défi ultime : un quart de finale de Coupe du monde face aux no 1 mondiales néerlandaises à Amstelveen.

Netherlands: Belgium - Chile
©Pro Shots/Sipa USA

Belgique : Sotgiu ; Puvrez, Vanden Borre, Brasseur, Hillewaert ; Nelen, Struijk, Vandermeiren ; Englebert, 'T Serstevens, Ballenghien ; puis Rasir, Gerniers, Versavel, Leclef, De Mot, Breyne, D'Hooghe (16e).

Chili : Schuler ; Ananias, Villagran, Krimerman, Flores, Filipek, Urroz, Caram, Tala, Solano, Maldonado ; puis Salas, Palma, Parra, Valdivia, Arrieta, Khamis, Salvador (31e).

Arbitres : Mmes A. Rostron et I. Presenqui.

Carte verte : 28e Hillewaert.

Les buts : 6e Vanden Borre sur pc (1-0), 14e Rasir (2-0), 15e Vanden Borre sur pc (3-0), 20e Englebert sur suite de pc (4-0), 31e Englebert (5-0).

Penalty corner : Belgique (3/13) et Chili (0/5).

Lors des grands tournois, les Red Panthers n’ont jamais battu leurs voisines du nord. Depuis leur dernière raclée aux championnats d’Europe de 2015 à Londres (5-0), elles n’ont cessé de se rapprocher de la meilleure nation mondiale. En cinq ans, le derby du nord a été joué à dix reprises avec un bilan de neuf défaites et un partage.

"Elles sont favorites, commence , Elena Sotgiu. Elles auront toute la pression car elles doivent gagner. Nous sommes dans un rôle où nous pouvons créer la surprise. Au final, il nous suffit d'un but et d'une bonne défense. Nous ne les avons jamais battues, mais il ne faut jamais dire jamais. Nous avons conscience que le défi est colossal. En plus, elles joueront chez elles devant 10 000 fans."

Le stress du côté des Pays-Bas

L'optimisme était aussi de sortie du côté de Pauline Leclef qui évolue en confiance dans le milieu. "Nous donnerons tout ce que nous sommes capables durant 60 minutes. Si, au final, cela ne suffit pas, nous n'aurons aucun regret. En sport, tout est possible. Nous proposons un bon niveau de jeu sur cette Coupe du monde. Si nous sommes bien concentrées, nous pouvons les faire douter. Nous tâcherons d'abord de bien défendre. Ensuite, nous essayerons de récupérer des balles pour porter le danger vers l'avant. Les Néerlandaises ne sont pas des robots. Le respect de la structure sera la clef" , conclut Pauline Leclef.

Excellente depuis des mois, Charlotte Englebert fera parler son explosivité pour amener la balle dans les 25. La joueuse du Racing est persuadée que le timing de ce match joue en leur faveur. "Les Pays-Bas stressent un peu. La Belgique n'était pas l'équipe qu'elles avaient envie de jouer. En plus, elles ne sont pas au mieux dans leur tournoi. Une certaine frustration s'est installée à l'image de Matla qui ne marque pas. De notre côté, nous avons conscience qu'elles ne sont pas souvent évacuées en quarts de finale. Le match sera compliqué. Nous sommes prêtes. Quant à elles, je ne sais pas."

Les Pays-Bas découvriront que les Panthers 2022 sont une évolution par rapport à la version de l'automne dernier en Pro League. La défense cartonne. Le milieu récupère beaucoup de balles. "Notre press est bien meilleur. Les autres commencent à l'apprendre, mais elles n'ont pas encore trouvé la solution quand nous l'exécutons bien."

Coupe du monde féminine de hockey : "Les Néerlandaises ne sont pas des robots"
©IPM


Il restera à voir ce que les Panthers valent réellement sur shoot out en cas de besoin. "Personnellement, je suis prête, insiste Englebert. Si Raoul le veut, j'en prendrai un. Nous avons confiance en toutes les filles de l'équipe. Nous les entraînons depuis le début de l'année. Il n'y a pas de stress." Avant le tournoi, les Red Panthers avaient épinglé un quart de finale à Terrassa face à un adversaire plus jouable. Leur défaite contre l'Australie a compliqué le chemin. Néanmoins, elles ont atteint l'objectif initial : faire mieux que la 10e place à Londres.

Même si les Red Panthers affirment qu'elles ne sont plus sous pression, elles ne peuvent nier qu'elles ont encore envie d'étaler les progrès accomplis. "La pression sera toujours là, reprend Charlotte Englebert. Nous avons prouvé ce qu'on devait aux médias et à la fédération. Ce quart de finale, nous le jouerons juste pour nous."

Pour elles et pour l'histoire. En six participations à une Coupe du monde, l'équipe nationale féminine belge a déjà remporté une médaille de bronze à Madrid en 1976. Il faut remonter au Mondial de Buenos Aires en 1981 pour trouver la trace de l'équipe belge dans le top 8 final. "En fait, je trouve que c'est normal d'être en quarts de finale, réfléchit Lotte. Nous en voulons plus désormais. Je suis surtout heureuse pour les plus âgées de l'équipe qui ont beaucoup travaillé avant de vivre un tel parcours à une Coupe du monde. Ce n'est que le début. Nous pouvons commencer notre tournoi."