Englebert, frustrée après l'élimination des Red Panthers face aux Pays-Bas: "Quand tu es si près d’une si grande victoire, la déception est énorme"

Les Red Panthers ont été héroïques face aux championnes olympiques qui ont douté jusqu’à la dernière seconde.

Thibaut Vinel et Philippe Demaret
FIH WORLDCUP HOCKEY
©Koen Suyk

Les larmes coulaient sur les visages. Les yeux rougis, les Red Panthers saluaient la poignée de supporters belges qui avaient rejoint le Wagener Stadium à Amstelveen. En terrain ennemi et face aux number one, les protégées de Raoul Ehren ont conquis le respect des 10 000 spectateurs oranje. Les championnes olympiques ont douté jusqu'à la dernière minute face aux Belges. "La déception est énorme, analysait Justine Rasir après avoir repris son souffle. Nous avions créé l'espoir dans nos têtes. Nous y avions toutes cru. Nous songions même à ce deuxième vol vers Terrassa."

Après un premier-quart temps catastrophique, les Red Panthers ont redressé la tête et ont retrouvé leur structure et leur détermination. Dans le deuxième quart, elles n'ont pas réussi à se créer de réelles occasions, mais elles ont stoppé la tempête néerlandaise. Ce 1-0 à la pause avait des allures de miracle au vu du premier quart. "Nous avons vécu dix minutes compliquées, dit encore Rasir. Contre les Pays-Bas, tout va plus vite. Nous avons été impressionnées."

Et Charlotte Englebert de rajouter : "Au début, nous ne jouions pas notre jeu. Nous étions un peu dépassées par tout ça. Nous n'avons pas paniqué."

La magie a commencé à opérer dès le troisième quart. Les Panthers ont été réalistes en transformant leur premier pc via une déviation d'Alix Gerniers. "À 1-1, l'émotion était énorme. On se voyait à nouveau dans l'avion. Nous commençons à créer vers l'avant. Nous posons notre structure. On récupère plus de balles. On entend les Néerlandaises crier sur le terrain pour se calmer. Mais, on encaisse un bête but."

À la 48e minute, Aisling D'Hooghe ne peut bloquer une percée sur la baseline de Moes qui pousse la balle entre les guêtres. Une demi-occasion. Un but. Celui de trop. "Nous y avons encore cru, reprend la milieu offensive du Racing. Nous avons encore forcé deux pc. Elles doutaient vraiment en face. Nous avons prouvé que nous pouvions les faire douter jusqu'au bout."

Mais, ce constat ne les console pas. Il leur faudra du temps pour digérer. "Cette défaite fait mal, reconnaît Charlotte Englebert. Quand tu es si proche d'une si grande victoire, tu ne peux qu'être déçue. La fierté n'est pas encore là. On verra demain. La défaite face à l'Australie nous a mis dans la m…"

Quant à parler d'un avant et d'un après-Mondial, les Red Panthers ne partagent pas cet avis. "Non, le renouveau avait déjà commencé avant la compétition, lance Rasir. La nouvelle équipe était déjà en marche. L'après, c'est maintenant."

À ses côtés, Charlotte Englebert confirme : "Nous avons toujours le même objectif qui s'appelle Jeux olympiques 2024. Nous avons eu un bon entraînement à Terrassa et à Amsterdam. Nous avons tout fait pour nous qualifier pour les demi-finales."

La meilleure Red Panther du tournoi, Hélène Brasseur, était particulièrement marquée par cette défaite. La défenseuse, réconfortée par ses parents, restait lucide. "Jouer dans un tel stade rempli face aux n°1 mondiales est un honneur. Nous avons réussi à mettre mal à l'aise les Pays-Bas chez elles. Nous avons engrangé une expérience précieuse pour construire l'avenir. Les souvenirs resteront bons. Là, les larmes coulent car l'émotion est très grande. La prochaine fois, nous les battrons."

Prochain défi : se qualifier pour les JO

Les Red Panthers ne disputeront pas de matchs de classement. Leur Coupe du monde s’est achevée dès les quarts. Raoul Ehren leur a donné quelques jours de congé. Elles reviendront sur la scène internationale lors de la Pro League où elles affronteront en novembre l’Allemagne et l’Argentine. La Pro League leur servira à préparer les championnats d’Europe qui se joueront en août 2023 à Monchengladbach. Seules les championnes d’Europe se qualifieront pour les Jeux olympiques. Six places seront attribuées : les cinq championnes continentales et la France. En janvier ou en février 2024, les Panthers disputeront, si besoin, un tournoi qualificatif pour les Jeux. Seize pays seront répartis en deux poules de huit. Les trois premiers se qualifieront. Les lieux des tournois restent à déterminer, mais il est peu probable qu’ils se jouent en Europe vu la période de l’année. Le niveau sera relevé avec, probablement, l’Angleterre, l’Espagne, l’Allemagne, la Nouvelle-Zélande, le Japon, la Chine, l’Irlande ou encore la Corée du Sud.

Raoul Ehren : "Nous nous rapprochons de ces équipes"

Englebert, frustrée après l'élimination des Red Panthers face aux Pays-Bas: "Quand tu es si près d’une si grande victoire, la déception est énorme"
©AFP

Après 18 mois à la tête des Red Panthers, Raoul Ehren a subi son premier contretemps en ne passant pas le palier des quarts de finale de cette coupe du Monde disputée à Terrassa et à Amsterdam. Les Oranje étaient trop pressées par un public en nombre. Pourtant, le T1 des Panthers était relativement satisfait du parcours de son équipe. "N'oublions pas que nous avons joué contre les numéros 1 du monde. Tout était plus rapide, plus construit, plus technique. Nous les avons fait douter en seconde mi-temps et c'est déjà un fait positif par rapport à notre passé récent. Si notre match contre le Chili avait été raté, alors j'aurais été déçu. Ici, bien sûr le résultat n'est pas là, mais pour le reste on se rapproche de ces équipes. On va devoir s'entraîner plus fort, sur tous les plans. On a de très bonnes joueuses, notamment en termes de rapidité et de combativité."

Finalement, ce n'est pas ce match perdu à Amstelveen qui est le plus à regretter. "Oui, d'accord, contre l'Australie, on leur a donné la victoire. On dira qu'on était à 30-70 contre les Kookas, et à 10-90 contre les Pays-Bas. Ici, ce Mondial, ce n'est qu'une étape vers Paris et les filles ont appris beaucoup de choses." La route est ouverte.

Trois Reds sous la loupe

Brasseur 7

Au plus fort de la tempête, c’est Brasseur qui a mis son stick pour empêcher deux tirs très dangereux dans le premier quart. Elle est l’une des seules à avoir évolué à son niveau réel. Elle a déposé sa carte de visite aux Pays-Bas.

Vanden Borre 8

L’autre patronne de la défense a abattu un travail efficace à l’arrière. Elle a ajouté son jeu offensif. Grâce à sa longue passe, Vanden Borre a amené des balles dans le cercle, notamment ce flick génial vers Gerniers à la 12e minute. Elle n’a pas eu de pc.

Gerniers 6

Il fallait être hyper-réaliste dans le cercle. Sa déviation sur le premier pc à la 37e est un pur bijou. Sur le deuxième pc, elle était proche du doublé. Elle amène le troisième pc à 74 secondes de la fin.

Ehren 6

L’entraîneur savait ce qui attendait ses Red Panthers. Il n’a pas réussi à les rassurer avant le match, mais il a pu redonner vie à son équipe dès le deuxième quart.