Augustin Meurmans : "Après le Mondial, je verrai si je reviens chez les Red Lions"

Champion du monde, olympique et de Belgique, le milieu du Racing avait pris sa retraite à 24 ans. Il ne regrette rien et ne rejette l’idée d’un retour en équipe nationale.

14 Racing's Augustin Gus Meurmans pictured during a hockey game between Racing and Uccle Sport, Sunday, September 4 in Waterloo, on day 1 of the Belgian Men Hockey League season 2022-2023.
BELGA PHOTO JILL DELSAUX
Augustin Meurmans joue le feu depuis plus d'un an au Racing. Son retrait de l'équipe nationale n'est pas étranger à ce retour en très grande forme.

Il n’a que 25 ans. Pourtant, il a déjà vécu plusieurs vies. Augustin Meurmans a tout connu ou presque avec le Racing et les Red Lions. Les joies comme les peines. Le hockey ne l’a pas toujours épargné. Avec le Racing, il a vécu une longue attente marquée par des fins de saison décevantes. Il a aussi célébré le titre attendu durant 81 ans à Uccle.

Avec les Red Lions, il a vécu une carrière très brève marquée par des sacres en Coupe du monde et aux Jeux olympiques, mais aussi par des doutes consécutifs à des non-sélections.

Fatigué par ce rôle de réserviste de luxe, il avait tourné la page des Reds pour se concentrer pleinement sur son job au Racing. “Après les JO, je me sentais moins motivé”, dit-il. “Le centre était transféré sur Wilrijk ce qui imposait une route plus longue. Combiner mes études à Louvain-la-Neuve et les Red Lions n’était plus jouable. J’avais besoin de faire ce pas de côté. Tous les Reds traversent ces phases de questionnement. J’ai eu le courage de me retirer alors que j’étais jeune. Je ne le regrette pas.”

Le milieu des Rats joue le feu depuis un peu plus d’un an. Il a remis le plaisir au cœur de son système. Et cela se voit. Cela se sent. Il rayonne comme jamais sur un terrain.

“Rayonner, c’est tout à fait ça”, commence-t-il. “Je monte sur le terrain avec beaucoup plus de confiance car j’ai plus de responsabilités. Je joue au Racing depuis 7 ans. Je fais partie des piliers. Je me sens à ma place sur le terrain.”

"Même avec les titres mondiaux et olympiques, je restais un réserviste"

Gus n’a jamais reçu cette liberté chez les Red Lions où il était considéré comme la sixième option au milieu. Celle qui ne manque pas de talent, mais celle qu’on laisse dans l’ombre. “J’étais souvent frustré quand j’étais chez les Reds. Je m’entraînais à fond. Je bossais tous les jours comme un athlète de haut niveau. Mais, je ne recevais pas ma chance. Même après avoir participé aux titres mondiaux et olympiques, j’étais encore vu comme un réserviste.”

Alors, il a changé l’axe de rotation de sa vie qui est désormais centrée sur ses études d’ingénieur de gestion à Louvain-la-Neuve et sa vie ‘normale’. “J’ai le sentiment d’avoir retrouvé une vie plus humaine, faite de sorties, d’études et de hockey en club. Je n’ai pris conscience des sacrifices du passé que quand j’ai goûté à nouveau aux plaisirs de la vie”, raconte celui qui a mis sur son CV ‘champion du monde et champion olympique’.

Il ne crachera jamais sur le terrain des Red Lions car il aimait cette vie. "Avec les Lions, les entraînements sont trois ou quatre fois plus forts qu’en club. Tu travailles ton physique tous les jours. Tu as un corps fit et sec. J’aimais tout ce travail.”

Il aimait, mais il est prêt à conjuguer le verbe au présent. Il se sent capable d’aimer à nouveau si les circonstances le permettent. Augustin Meurmans n’a pas achevé son histoire avec les Red Lions. Le champion du monde et olympique laisse la porte entrouverte. "Pour l’instant, je n’envisage pas un retour. Je discute avec des gens de mon équipe du Racing. Je verrai surtout ceux qui restent après la Coupe du monde.”

En d’autres mots, si des places se libèrent dans le milieu, il pourrait revenir dans le giron de l’équipe nationale. “Il y aura sûrement un point après le Mondial. Certains pourraient partir de leur propre initiative. Je ne vois pas le staff demander à des anciens de partir.”

La proximité des Jeux olympiques de Paris n’incite pas à croire que des Red Lions quitteront le noyau après leur voyage en Inde. À moins que l’histoire indienne ne s’achève dans le chaos. “Moi, je leur souhaite le meilleur. Je ne suis plus là. Donc, je ne pourrai rien y changer. Je sais juste que je jouerai au hockey encore longtemps.”

Une coupe du monde en huit jours

Il n’est pas sot de l’imaginer disputer la Coupe du monde à Wavre en 2026. Il se créerait alors d’autres souvenirs à raconter à ses enfants plus tard. Le premier Mondial de sa vie ne manque pas de rebondissements. À 56 jours du premier match des Red Lions à la Coupe du monde, les souvenirs de Bhubaneswar 2018 refont surface. Ils sont puissants. “‘Bhuba’, c’est l’un de mes meilleurs souvenirs. La Belgique remportait pour la première fois une médaille d’or. Nous avons été reçus sur la Grand-Place.”

Avant la fête sur le terrain, il n’oublie pas qu’il n’avait pas été convié au voyage. “J’étais réserviste.” Première claque. “Puis, Manu Stockbroekx s’est blessé. Antoine Kina a été rappelé. Pas moi.” Deuxième claque. “Puis, la maladie de John-John Dohmen m’a sorti de mon rôle.” En moins de 36 heures, il devait être présent en Inde où il est arrivé le jour du dernier match de la phase de poule. “J’ai commencé mon tournoi par les matchs à élimination directe. J’ai disputé quatre rencontres alors que je ne suis resté que huit jours sur place.”

Les deux gamins ont changé le visage de l’équipe. Ces deux inconnus ont donné un nouvel élan à la machine rouge. “Nous avons changé la dynamique. C’est certain. Je ne dis pas que nous étions plus forts. Mais, Antoine et moi, nous étions moins connus et donc moins analysés. La Belgique a pu jouer sur un effet de surprise.”

Il ne disputera pas l’autre Coupe du monde à Bhubaneswar et Rourkela. “Mais, je les suivrai à fond.” Il reviendra dans la course un jour. Son histoire avec les Red Lions n’est pas encore finie. Le hockey belge a encore besoin de lui.

Augustin Meurmans avait vite quitté son rôle de réserviste aux JO de Tokyo