Selon la Commission des Jeux de hasard, quatre joueurs de l’équipe nationale belge de hockey ont parié sur des matchs disputés par les Red Lions. Mais selon l’enquête, qui est terminée, les Red Lions qui ont effectué des paris ne se trouvaient pas sur le terrain.

La phrase se trouve à la page 8 des 15 pages du rapport final d’enquête. “Il n’y a pas eu d’infraction à l’article 4 paragraphe 3 de la loi sur les jeux”, cet article qui interdit à tout sportif de participer à tout jeu de hasard s’il peut avoir une influence directe sur son résultat avec comme sanctions, des amendes et jusqu’à 3 ans d’emprisonnement. Ils n’ont donc pas pu influencer les résultats. “Ce qu’ils ont fait n’est pas punissable”, conclut le rapport de la Commission des Jeux.

L’enquête sur des soupçons de paris sportifs illégaux dans l’élite du hockey belge avait débuté en décembre. Les Red Lions venaient de remporter la Coupe du Monde, en Inde.

Comme dans le basket et le football (ce qui a valu à Olivier Deschacht d’être définitivement condamné, en février, à 24 000 euros), la Commission des jeux décida de procéder au screening des 24 hockeyeurs.

Selon le rapport, 15 des 24 Red Lions , soit 63 %, sont titulaires d’un ou plusieurs comptes joueur. Cinq fréquentent des casinos, 3 des salles de jeux automatiques. La Commission des jeux relève 29 paris sportifs se rapportant à 25 matchs de hockey.

La majorité des paris ont été effectués lors de la récente Coupe du Monde et sur des matchs disputés par les Red Lions; 7 sur des matchs du championnat belge; un lors d’une compétition européenne à laquelle les Red Lions ne participaient pas.

Pour chacun des 25 matchs, la Commission des Jeux a eu accès aux feuilles de match pour les 25, a constaté que le joueur qui avait parié ne se trouvait pas sur le terrain.

L’enquête a été étendue au staff des Red Lions y compris coach et kiné. Sur les 8 membres, l'un d'entre eux est titulaire d’un compte joueur. Il n’a toutefois effectué aucun pari sur des matches de hockey.

La Belgique compte 90 clubs et plus de 46.000 affiliés

Dans son rapport, la Commission des jeux constate que les paris sportifs sont une “pratique établie” dans l’élite du hockey - plus de 6 hockeyeurs sur 10 étant titulaires d’un compte joueur.

“Il est étonnant que les trois fédérations - Ligue francophone de hockey, Vlaamse Hockey liga, Koninklijke Belgische Hockey Bond - apportent pas ou peu d’attention aux possibilités d’auto-régulation, à la prévention et à la sensibilisation à la problématique”, poursuit la Commission des Jeux.

Ainsi l’interdiction ne figure dans le réglement d’aucune des trois fédérations. Aucune n’a non plus prévu de sanction. Les fédérations “ne remplissent par leur rôle de sensibilisation à l’intégrité dans le sport et aux risques de manipulations de résultats”, lit-on aussi.

Quand l’affaire a éclaté, le porte-parole avait affirmé que tous les hockeyeurs de l’équipe nationale savaient qu’ils ne pouvaient pas parier sur les matchs auxquels ils participaient. “Nous le répétons dans les briefings avant chaque grand tournoi”.

Selon le rapport de la Commission des Jeux de hasard, ce n’est donc pas exact.