Vendredi soir, le ministre des Sports de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait convié les artisans à la base de la réussite du hockey en Belgique. Dans l’écrin somptueux du Dolce à La Hulpe, il a célébré cette discipline en plein boom depuis une décennie. Chiffres à l’appui, il a défendu son action depuis sa prise de fonction en 2009. Après avoir remercié les bénévoles et souligné l’importance du respect des valeurs ancestrales, il s’est targué d’avoir embelli le paysage sportif en zone francophone.

"Nous avions tablé sur une augmentation de 20 % du nombre d’affiliés entre 2009 et 2014", souligne le ministre. "L’Adeps a connu une croissance de 36 %. Nous sommes passés de 450 000 inscrits dans un club de sport à 618 000. Nous voulions aussi créer des structures pour accueillir ces sportifs. Là aussi, le but est atteint avec 13 % de nouveaux clubs. L’Adeps n’avait jamais connu une telle progression." Le hockey illustre à merveille cette tendance. Chaque année, les rangs grossissent de près de 10 % de manière régulière et graduelle.

Même s’il a cherché surtout à plancher sur la base de la pyramide, le ministre CDH a consolidé l’élite francophone. Aujourd’hui, 73 athlètes (contre 23 avant 2009) sont payés chaque mois par le politique. Les sportifs jouissant d’un statut spécifique ont aussi connu un fort accroissement. Désormais, 1 441 (contre 669 avant 2009) rêvent d’un jour vivre de leur passion.

Contrairement à de nombreux secteurs, le sport n’a donc pas connu une période de stagnation voire de régression. Dans sa politique ordinaire, le ministre des Sports a déboursé 100 millions pour mener à bien ses missions ordinaires. Parmi les plus grandes dépenses, on peut pointer le centre de haut niveau à Louvain-la-Neuve (30 millions) ou la rénovation de l’Adeps (82 millions). "Là où mes collègues ont dû faire des économies, j’ai débloqué des montants inégalés pour le sport", se congratule le ministre.

Et le hockey dans tout cela ? Si toutes les fédérations ont reçu des montants variables, le hockey a bénéficié d’une aide de 726 000 euros. Les subsides sont calculés sur la base de critères objectifs comme le niveau de compétitivité des clubs, le nombre d’équipes de jeunes inscrites, la présence d’entraîneurs brevetés ou encore l’existence d’arbitres formés. Tous les 3 ans, un audit est réalisé pour faire le point sur ces investissements.

Le ministre a, d’abord, créé de l’emploi au sein de la Ligue francophone de hockey. "Je veux que ces emplois soient consacrés au développement du hockey partout en Wallonie. Le Hainaut représente un tiers de la zone. Or, le hockey n’y occupe pas une place importante. La Fédé doit essaimer l’esprit du hockey dans toutes les provinces du Sud. Ils en ont les moyens. J’ai aussi aidé certains clubs à mieux se structurer en offrant un poste temps plein." Il y a quelques semaines, le ministre s’était rendu à Waterloo. Il avait, de sa propre initiative, envoyé un courrier au bourgmestre Serge Kubla afin qu’il remplisse un dossier pour la création d’un deuxième terrain mouillé. "Je peux vous affirmer que le Watducks aura son deuxième terrain mouillé. Nous allons remettre le monde à l’endroit. Il n’est pas normal que des jeunes soient placés sur des listes d’attente pour pratiquer leur sport préféré."

Main dans la main avec son homologue Muyters

Certains avaient craint que la scission de la dernière fédération sportive unitaire ne provoque un hockey à deux vitesses. Le Bloso, plus fortuné, aurait alors étouffé l’Adeps. Le ministre Antoine a rassuré les observateurs hier soir. Il fourmille de projets pour le hockey. Pour le moment, il planche sur le centre d’Auderghem. "Je souhaite que les équipes nationales s’entraînent à Auderghem dans ce centre qui bénéficiera de toute la technologie nécessaire. Ce siège se situe aux confins des trois Régions."

Tous les mois, il rencontre son homologue flamand, Philippe Muyters. "Nous nous inspirons des bonnes idées de l’autre. Comme nous gérons les mêmes compétences, nous nous voyons très régulièrement pour échanger nos idées. Je ne me bloque pas sur sa couleur politique."

Lors des championnats d’Europe à Boom, le ministre a apprécié le spectacle des Belges sur et en dehors des terrains. La présence du roi Philippe, la Brabançonne en bilingue et a capella ou encore les tribunes rouges de monde, autant de symboles qui illustrent l’exemplarité de la discipline. "Et dire que cette compétition se passait près d’Anvers, soufflait-il en esquissant un large sourire. Le hockey a recousu le drapeau belge. Ses dirigeants ne s’encombrent pas des questions linguistiques. Ils sont unis pour tendre vers un même but."

Garant des valeurs, le sport dérape de temps en temps. Le revers de la médaille est moins reluisant. Le ministre Antoine en a fait l’amère expérience avec un dossier nauséabond et douloureux, celui de la judoka Charline Van Snick. "Ce cas fait mal car j’ai de la peine pour cette magnifique sportive. Son talent est indéniable. Même si j’ai de la peine, je dois respecter les règles. La presse a été nuancée car nous sommes dans le trouble. Son faible taux laisse penser à une exposition passive. Laissons l’affaire suivre son cours." En bon politicien, il rappelle, au passage, qu’il a augmenté de 50 % les contrôles en Wallonie.

L’autre défi des autorités sportives concerne les matches truqués. Ces fraudes gangrènent le football à une échelle mondiale. "Cela reste marginal, tempère André Antoine. Nous ne connaissons pas la même situation qu’en Italie. Je préfère mettre en avant la présomption d’innocence", balaie-t-il d’un revers de main.

Il est trop rare qu’un politicien soit "la bonne personne à la bonne place." Le ministre des Sports de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’amuse comme un poisson dans l’eau depuis 2009. Depuis que l’abbé Defays l’a initié à la pratique sportive, il a toujours été attiré par cette cause universelle qui rassemble les peuples.

Le bourgmestre CDH de Perwez consacre une grande partie de son temps sur les terrains sportifs du Royaume quels que soient leur taille ou leur revêtement. En 4 ans, il a multiplié les interventions financières et les projets pour préserver notre patrimoine sportif wallon. La natation synchronisée, les arts martiaux, le hockey et toutes ces disciplines confidentielles recueillent toute son attention. "Chaque semaine, je rencontre des anonymes qui offrent leurs lettres de noblesse à leur sport. J’admire par exemple les signaleurs de courses cyclistes. Je ne connais aucun job plus ingrat. Non seulement ils essuient les insultes des automobilistes bloqués par le passage de la course mais en plus, les coureurs ne les voient même pas. Enfin, lorsqu’ils repartent chez eux, personne ne les remercie."

Il peut aussi s’emballer pour les plus grandes stars. "Je fais partie de cette génération qui a vibré aux coups de pédale d’Eddy Merckx. Je vouais une admiration sans borne à ses coéquipiers Bruyère, Van Schil, De Schoenmaecker ou Swerts. En football, j’idolâtrais les Rensenbrink, Jurion et autres Trappeniers."

Depuis sa plus tendre enfance, le Brabançon a toujours ouvert des yeux d’enfant sur les milieux sportifs. Il faut remonter au collège Saint-Albert de Jodoigne pour retracer ses premiers pas d’athlètes confirmés. Dans les années 1970, il troquait volontiers ses habits de collégien contre son maillot rouge. "Notre professeur d’éducation physique nous emmenait aux quatre coins du pays pour pratiquer du cross-country, du basket-ball, du football ou encore du volley-ball. Il nous a appris le sens d’un mot essentiel : le dépassement de soi. Nous participions à des compétitions interscolaires dans des hauts lieux du Royaume. Uni et soudé, notre groupe avait atteint la finale du championnat du Brabant."

Soirée foot avec ses fils

A l’université, il délaisse ses activités sportives au profit d’une émission qu’il présente sur une antenne locale, Radio Coquelicot. "Pour mesurer les audiences, on demandait aux gens d’allumer la lumière de leur garage", se souvient-il avec un large sourire.

Très vite, le virus de la politique signe l’arrêt de mort de ses ambitions sportives. La passion reste intacte même si l’athlète se transforme en un spectateur patenté. "Aujourd’hui, je passe des soirées foot avec mes fils."

Le ministre des Sports a d’emblée démontré l’efficacité de son action. Dans un premier temps, il s’est entouré de véritables spécialistes comme Joël Robert pour booster le motocross, Benoît Thans pour comprendre le mal-être du football wallon, Philippe Gilbert pour redorer l’image du cyclisme, Jean-Michel Saive ou la famille Borlée pour introduire le plaisir du sport dans les écoles ou encore de Justine Henin pour surfer sur la vague tennis.

Convenu, son discours politique n’en demeure pas moins sincère comme le démontre son action au quotidien. "Je veux encore sensibiliser les écoles à la pratique du sport, intensifier la formation de nouveaux moniteurs, organiser des tournois interscolaires et offrir plus de places aux jeunes qui désirent s’inscrire aux stages Adeps."