ANALYSE

Que se passe-t-il donc au White Star ? Vainqueur de la Coupe pour la deuxième fois consécutive la saison dernière, n'ayant loupé que d'un cheveu sa qualification pour les demi-finales, auteur d'un maintien remarquable en coupe des coupes A, et accessoirement vainqueur de la coupe d'Europe C en salle, le club everois n'a apparemment pas perdu beaucoup de monde dans l'entre-saison. Tout au plus a-t-il changé de coach et laissé partir deux joueurs, dont l'un n'était pas au coup d'envoi de la moitié des matches la saison dernière. En échange, il a transféré deux autres joueurs et incorporé quelques jeunes dans le noyau de première. Et les résultats sont catastrophiques - c'est un euphémisme délicat.

On peut incontestablement parler de crise. Et se pencher sur ses causes. Elles sont multiples.

1. L'attractivité. Les dirigeants du White Star ont dû s'en rendre compte d'eux-mêmes : malgré les bons résultats enregistrés par le club ces dernières saisons, on ne se bouscule pas au portillon pour jouer à Evere. Les vestiaires, il est vrai, ont plutôt l'air d'une cantine communiste, mais le chalet a été refait récemment. Manque de dynamisme de l'équipe dirigeante à la recherche de nouveaux joueurs ? Manque de confiance des recrues potentielles dans les possibilités du club ? Ou un peu de tout cela ?

2. Le recrutement. Conséquence directe de ce qui précède : le White n'a pu que recruter des Hollandais totalement inconnus chez nous et intégrer des jeunes, certes prometteurs, mais trop à la fois : contre le Dragons, près de la moitié du noyau n'avait pas 18 ans ! On ne peut demander aux jeunes de courir avant de savoir marcher. C'est les envoyer à l'abattoir. En outre, les rares anciens qui portaient l'équipe à bout de bras la saison dernière sont loin d'être au mieux de leur forme... physique et morale.

3. Les départs. C'est là que le bât blesse le plus. Le noyau du White n'était déjà pas pléthorique. On a beaucoup ri - à tort - du transfert de Jonathan Delguste au Dragons. En attendant, le White perdait un joueur motivé et prometteur, même s'il n'était pas une star. On a haussé les épaules - toujours à tort - du départ d'Anthony Delhauteur, un garçon doué mais qui hélas ne vit pas le moins du monde pour son sport. N'empêche que comme boute-en-train, on fait difficilement mieux que lui. Question ambiance, son absence pèse lourd dans la balance.

Et sans vouloir jeter le moins du monde la pierre à Luc Poplimont, qui en est à sa première expérience comme coach en D I, on peut se demander quelle mouche a piqué les dirigeants du White Star de donner son bon de sortie à Alain Boon, un coach qui a fait ses preuves dans l'art de motiver un groupe, qui s'est forgé un palmarès des plus enviables avec des moyens que l'on découvre aujourd'hui limités et dont le plus grand péché était sans doute... de provenir, comme d'autres avant lui, du football.

© La Libre Belgique 2001