ÉCLAIRAGE

C'est la même finale qu'il y a deux ans, mais là s'arrête la ressemblance. A l'époque, le Léo partait largement favori devant une équipe waterlootie pétrie de talent mais encore trop inexpérimentée pour s'imposer dans ce délicat exercice. Deux ans plus tard, la donne a changé. Le Léo, qui a conquis deux titres consécutifs - ses 24e et 25e -, a vécu ce qui s'apparentait originellement à une saison de transition et a dû se secouer d'importance pour redresser une situation qui semblait compromise avec seulement une 7e place pendant l'interruption hivernale. De son côté, le Waterloo Ducks roule carrosse avec ses six roues internationales (sept si l'on compte le coach). Est-il besoin de rappeler les chiffres mirobolants affichés par les Canards cette saison? 24 matches sans défaite, sans compter les matches de Coupe, 122 buts marqués, 58 points sur 66 possibles... Dimanche dernier, les Verts ont fait exploser la défense d'Uccle Sport, pourtant réputée être la plus solide du pays: 7 buts. Difficile, dans ces conditions, d'esquiver l'étiquette de grandissime favori.

Pourtant, la nouvelle formule - les changements perpétuels imposés par l'ARBH à la recherche d'une hypothétique formule idéale ont quelque chose d'attendrissant - fait que les troupes de Pascal Kina pourraient bien passer à côté du titre sans être battues sur le terrain. Si cette formule assure le suspense pour le match retour, il n'est cependant pas dit qu'elle soit la plus équitable pour l'attribution du titre, même si elle a été adoptée par nos voisins du Nord depuis belle lurette.

Le principal problème du Léo risque d'être psychologique: en 140 minutes cette saison, les joueurs de Vincent Van Gucht n'ont pas réussi à inscrire le moindre but aux Waterlootis! Ecoutons ce que nous en dit Pitch Letier, qui connaît bien ses adversaires pour en avoir fréquenté plusieurs en équipe nationale: «Ce serait extraordinaire si le Waterloo Ducks n'était pas champion! Ils ont prouvé tout au long de la saison qu'ils étaient les meilleurs. Mais la même chose nous était arrivée avec Uccle Sport il y a quelques années. En finale, il faut être en forme et puis c'est tout. Et je crois que pour les deux équipes, elle arrive au bon moment. Nous jouons crescendo et nos demi-finales sont ce que nous avons produit de mieux cette saison. L'ambiance est super dans le groupe car nous avons déjà atteint nos objectifs : intégrer des jeunes tout en disputant le play-off. Il n'y a pour nous aucune nécessité de gagner, mais je constate que le Léo répond généralement présent dans les grands rendez-vous. Nous jouerons le mieux possible en essayant de museler leurs meilleures individualités. Ce qui s'est passé plus tôt dans la saison n'a pas d'importance: on rejoue un mini-championnat!»

© Les Sports 2006