A 35 ans, Vitali Kholopov reste un des meilleurs joueurs de notre compétition, si ce n'est le meilleur. Il l'a encore prouvé dimanche à l'Héraklès où ses adversaires crurent qu'il jouait avec deux frères jumeaux sur le terrain, tellement il fut au four et au moulin. «Mon secret ? Ne jamais m'arrêter» sourit-il. «Je quitte toujours l'entraînement le dernier, et je fais des extras à côté. C'est vrai qu'à mon âge, c'est de plus en plus dur de concurrencer les jeunes, mais à l'Antwerp, je peux utiliser ma technique dans les circonstances appropriées. Et avec l'expérience, je suis devenu plus efficace».

L'Antwerp semble donc lancé sur la voie d'un bon 2e tour, par lequel passe nécessairement une place dans le top 4. «Nous pourrions et même devrions être mieux classés» concède Vitali. «Mais Geeris a été blessé plusieurs semaines, j'ai été suspendu et nous n'avons pas souvent aligné notre meilleure équipe, surtout contre les concurrents directs. Il faut aussi établir des communications entre des joueurs au style de jeu très différent, en provenance de plusieurs pays. Tout ça ne se fait pas du jour au lendemain» analyse-t-il. «Nous avons quelques jeunes qui progressent bien. Je me demande pourquoi on n'instaurerait d'ailleurs pas un quota de juniors obligatoire en division I, ça ne pourrait que les faire progresser».

Vient alors l'inévitable question : pourquoi ce maître à jouer n'évolue-t-il plus en équipe nationale ? «Après la Coupe du monde de Kuala Lumpur, en 2002, on m'a signalé par mail qu'on n'avait plus besoin de mes services, ni de ceux de Joeri et Mick Beunen. On ne nous a jamais fourni d'explications. Quand nous sommes venus au briefing de l'équipe nationale pour en recevoir, nous nous sommes fait virer comme des malpropres. Après avoir tout donné à cette équipe pendant des années, je me serais d'ailleurs attendu à une réaction de la part des anciens de l'équipe, qu'au moins quelqu'un lève le doigt pour être solidaire. Mais bon, apparemment c'est le règne du chacun pour soi.»

Et si c'était à refaire ? «Je ne regrette rien, je me referais naturaliser belge. Padoue 1999, Edimbourg 2001 : des moments formidables. Je suis un homme de défis, la vie ne m'a pas fait beaucoup de cadeaux. Quand on vous traite mal, il faut essayer de montrer aux gens qu'ils se trompent à votre sujet. Le reste, c'est du passé.»

Des pistes pour le hockey belge ? «Ouvrir les yeux. Je donnerais toujours une heure pour apprendre la technique à des jeunes de 14 ans. Qui peut apprendre mieux qu'Eric Vander Gracht comment marquer des buts ? Mais on ne nous demande rien...»

© Les Sports 2004