Ce n’est certainement pas une grande gueule, Dennis Dijkshoorn. Sans doute parce qu’il est aussi Belge par sa maman que Hollandais par son père. Ce qui lui vaut la double nationalité, dont il a fait usage pour être international belge il y a une dizaine d’années, du temps où il évoluait au Dragons. Il fut entre autres de l’aventure au championnat d’Europe de 2003 à Barcelone, et au qualificatif olympique de Madrid l’année suivante. Depuis quatre ans, le natif de ’s-Hertogenbosch préside aux destinées sportives du Beerschot, ce qui en fait le coach depuis le plus longtemps au même poste en DH. Et ça ne se passe pas trop mal, puisque le Bee est deuxième après 4 journées, avec 10 pts sur 12…

"Pour être honnête, je ne m’attendais pas à être si haut à ce stade. Je sais d’où nous venons (NdlR : barragiste l’an dernier), ce que nous avons perdu comme qualité technique avec les frères Goldberg et Gilles Verdussen, et je suis aussi conscient des limites de notre budget. Cette année, notre force se situera dans notre collectif. Il était donc important de bien préparer la saison : vu que nous avons juste Séba Dockier comme international, nous avons pu progresser dans les automatismes plusieurs semaines avant le début du championnat."

Les résultats des matches amicaux n’étaient cependant pas fameux. "Je n’attache pas beaucoup d’importance aux résultats, surtout quand il s’agit de matches amicaux. Nous n’avons franchement dominé qu’un seul match, à la Gantoise. Le reste, c’étaient des rencontres très équilibrées, qu’on aurait pu gagner comme perdre."

La reconnaissance du ventre

Le départ des trois pions majeurs du Bee a permis aux jeunes de se montrer. "Des joueurs comme les jumeaux Peeters ou Deruyttere jouaient un peu dans l’ombre. Ils ont désormais de nouvelles responsabilités et ils s’épanouissent. Deruyttere n’a que 17 ans et il a encore une importante marge de progression devant lui. Et puis, il ne faut pas oublier que le nouveau joyau du club, Séba Dockier, est resté. Il avait d’autres propositions, notamment en Hollande, mais il est resté fidèle au club qui lui a permis de devenir Red Lion. Nous avons eu quelques conversations fructueuses avec lui. Il va de soi que s’il venait à partir la saison prochaine, on serait très fiers de lui et on ne ferait rien pour le contrarier."

Et puis, il faut le dire aussi, depuis quelques saisons le Bee se spécialise dans les transferts de joueurs inconnus qui se révèlent des renforts. Il n’en va pas autrement cette saison. "Notre budget étant très limité, nous devons faire jouer nos relations. Ainsi, McClelland a été contacté par Harry Verhoeven, notre deuxième gardien qui avait évolué en Australie une saison. Et Magner, le Français du Campo Madrid, nous l’avons découvert en allant faire un stage hivernal là-bas. Last, c’est un copain de Paton, qui lui-même nous a été recommandé par Henry Nelen, etc."

Quand on n’est pas riche, il faut donc être malin… et sympa, ça aide aussi. "Notre force c’est précisément, comme l’a bien souligné Séba, la semaine dernière, que nous sommes une équipe de copains. Avant de transférer un joueur, il faut donc s’assurer qu’il s’intégrera dans cette ambiance."

Entre-temps, il y a aussi des jeunes qui frappent à la porte. Assez nouveau pour le Beerschot. "Nous devons être créatifs mais aussi élargir notre base. En ce qui me concerne, j’aime bien encourager mes joueurs et leur faire donner ce qu’ils ont de meilleur. Mais surtout, je ne crois pas tout savoir. J’apprends encore chaque jour."