ÉCLAIRAGE

Seize mois après le désastre d'Osaka, où les Belges terminèrent derniers de leur poule qualificative et ratèrent ainsi largement leur ticket pour les Jeux olympiques, les Diables Rouges s'attaquent mardi à un nouveau grand tournoi : le World Cup Qualifier selon la dénomination officielle de la FIH, autrefois dénommé Coupe Intercontinentale, à Edimbourg.

Depuis Osaka, pas mal d'eau a coulé sous les ponts. L'équipe a été considérablement rajeunie, a changé de capitaine et d'entraîneur. Elle se prépare d'ailleurs à un nouveau changement de coach, puisque le responsable actuel, le Hollandais Bart van Lith, a annoncé qu'il mettrait un terme à ses fonctions après Edimbourg. Il n'est pas certain que cette nouvelle tombe à un moment psychologiquement bien choisi, mais au moins, les choses sont désormais claires...

Dans cette compétition qui leur avait souri il y a huit ans en Pologne, mais qui les avait boudés il y a quatre ans dans la fournaise de Kuala Lumpur, les Belges ne sont pas dépourvus d'arguments. Pourtant, les résultats de la campagne de préparation ont été, c'est le moins qu'on puisse dire, en dents de scie. Après une victoire sensationnelle sur le Pakistan (2-1), l'équipe belge a touché le fond une semaine après, s'inclinant successivement contre les juniors allemands, les juniors hollandais et l'Autriche, qui pourtant ne représentent strictement rien sur la planète hockey. La semaine dernière, les Diables ont affronté deux fois le Canada, une formation théoriquement du même niveau qu'eux. Résultat : un match nul (en forçant 11 pc contre zéro !) et une courte défaite avec... deux buts sur penalty corner. Ce parcours d'entraînement s'est terminé ce dimanche à Edimbourg, où les Belges avaient débarqué le matin même, contre l'Espagne. Résultat : 0-6. S'il est exact que les mauvaises répétitions générales engendrent les grandes premières, nous sommes bien partis!

LE SOUVENIR DE DUBLIN

Comme en 1995, au championnat d'Europe à Dublin - pas si loin d'Edimbourg - les Diables Rouges débarquent avec beaucoup de points d'interrogation dans la tête. A Dublin, cela ne leur avait pas trop mal réussi puisqu'ils étaient revenus avec une splendide quatrième place. Ici cependant, les Belges n'auront pas droit à l'erreur. Ils doivent s'extirper d'un groupe à quatre qui comprend l'Argentine, en principe plus forte qu'eux; le Bangladesh, en principe plus faible; et surtout la France, une équipe qui leur a plutôt bien réussi ces dernières années, mais qui a mis les petits plats dans les grands pour réussir ce tournoi: ses joueurs sortent d'un stage de quatre mois !

C'est précisément contre la France que les Diables Rouges ouvriront le bal. Il leur faudra donc être immédiatement au point, car comme le dit leur coach hollandais: «Si nous perdons contre la France, nous pouvons rentrer à la maison».

Et recommencer tout au bas de l'échelle, soit un retour de quelque dix ans en arrière... On n'ose y penser.

© La Libre Belgique 2001