ENTRETIEN

ENVOYÉ SPÉCIAL À BARCELONE

Un Diable Rouge, ça s'entraîne énormément. Parfois un peu trop aux yeux de beaucoup de clubs qui craignent pour la fraîcheur physique de leurs joueurs, voire redoutent les blessures, et n'hésitent pas à faire pression sur le staff de l'équipe nationale pour que leurs ouailles puissent brosser un entraînement national. Le point avec Michaël Van Cutsem, 29 ans, doctorant en éducation physique, gymnaste et... préparateur physique de nos Diables depuis la Coupe du monde de Kuala Lumpur.

Comment tout cela fonctionne-t-il?

Nous travaillons de deux manières différentes: les séances encadrées, sur le terrain et en salle de fitness, qui sont majoritaires à la demande du COIB; et d'autre part une programmation individuelle, qui est parfois fonction de la place du joueur dans l'équipe (gardien, tireur de pc...).

Quel est le suivi de la préparation individuelle?

En haute saison, un hockeyeur international s'astreint à 3 séances de musculation par semaine. Grâce aux salles de fitness qu'ils fréquentent, et qui comportent une fiche de présence, il est facile de les contrôler. C'est à peine nécessaire, car les joueurs ont compris que c'était une part importante de leur réussite qui se jouait là. C'est aussi une exigence du COIB, même si cela décourage certains joueurs doués de s'investir. Un cas typique à cet égard est celui de Vincent Deneumostier.

Le programme est individualisé?

Oui, en fonction de la morphologie de l'individu, mais au départ, il faut des caractéristiques communes à tous les athlètes. Prenons un exemple: Thomas Van den Balck, qui pèse 85 kg, doit pouvoir pousser 400 kg avec ses jambes. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. Au total, avec ce qui se passe dans leur club, les joueurs s'entraînent physiquement de 7 à 8 heures par semaine. C'est plus que la plupart des équipes présentes ici, c'est autant que les meilleurs: les Allemands, les Hollandais...

Les Diables suivent-ils un régime alimentaire?

Dans le cadre d'un mémoire, une diététicienne les a suivis en entraînement et en stage. Sa conclusion est que les joueurs... ne mangent pas et ne boivent pas assez, mais que leur apport diététique est équilibré. Chacun s'est vu conseiller deux ou trois changements. Il est bien évident qu'avec leur vie d'étudiant, ou d'amateur en général, la plupart des joueurs ne peuvent pas toujours manger ce qu'il faudrait. Mais on constate une réelle différence de mentalité par rapport à ce qui se faisait il n'y a pas longtemps.

En 2000, pour le préolympique d'Osaka, les joueurs avaient pris de la créatine. Qu'en pensez-vous?

Je suis contre. Il y a tellement de choses à faire avant cela! En outre, actuellement, la tendance est qu'on en revient. A Osaka, cette affaire a été mal gérée. Il ne sert à rien de commencer à prendre de la créatine dix semaines avant une compétition.

Il n'y a pas encore eu de blessé à Barcelone. Est-ce un hasard?

Certains accidents de jeu sont inévitables. Mais le risque engendré par les contacts physiques fréquents est diminué par une bonne musculation. Giles Bonnet a évité les surcharges. En outre, le groupe a largement rajeuni, ce qui diminue le risque d'accidents musculaires.

© Les Sports 2003