Louvain n’a pas réussi à réaliser son dernier travail d’Hercule : après avoir battu le Waterloo Ducks et le Racing, il a dû se contenter d’un partage au Léo, insuffisant pour revenir sur la sacro-sainte 4 e place. Alors, fini Louvain ? Nous avons posé quelques questions à Lucas Sevestre, l’un des trois internationaux français qui ont débarqué à Louvain en début de saison. Il fêtait ses 23 ans dimanche.

Il était généralement admis qu’il fallait gagner au Léo pour espérer jouer les demi-finales. Cela laisse des regrets ?

Effectivement, nous étions venus pour gagner, afin de rattraper notre retard de 3 points, donc un match nul ne nous satisfait pas et je regrette que nous n’ayons pas su être plus décisifs dans notre approche du cercle. Nous avons eu des difficultés à contourner leur solide défense, et malgré une bonne possession de balle, leur gardien n’a pas été mis sous pression. Le résultat est finalement assez représentatif du match.

Un 9 sur 9 est encore possible, mais les Universitaires n’ont plus leur sort en main. Frustrant ?

Il est clair que nous allons devoir nous imposer lors des 3 prochains matchs et avec la manière puisqu’il est possible que le classement final se joue au "goal average". On va être contraints de suivre attentivement les résultats du Léopold et du Watduck. C’est sûr que pour ma première saison en Belgique, j’aurais souhaité que ce soit plus facile, mais c’est dans la difficulté qu’on crée un groupe !

C’est chouette, la compétition belge ?

Je suis enchanté d’avoir fait ce choix de venir jouer en Belgique, malgré des déplacements hebdomadaires. Ce championnat est à l’évidence plus dense que celui joué en France. Les équipes sont plus structurées et disposent de moyens techniques de qualité. Les joueurs font les efforts nécessaires par rapport à leur activité professionnelle pour se rendre disponible pour l’équipe. Je ne sais pas si j’ai elevé mon niveau de jeu, mais je note que chaque match doit être joué à 100 % sans quoi il peut y avoir des surprises. Je parle en connaissance de cause !

Envie de rester la saison prochaine ?

Après notre échec à la qualification aux JO de Londres, j’ai pris la décision de quitter le Centre national des sports, où l’on s’entraînait quotidiennement avec l’équipe de France. Je reste malgré tout engagé avec l’équipe nationale. Mais je souhaite clairement poursuivre l’aventure en Belgique, en commençant par transférer mes études à Bruxelles (master en sciences du sport, NdlR). Il a été difficile pour moi de profiter pleinement de cette année en Belgique à cause du tournoi préolympique en Inde et de vivre cette nouvelle expérience à fond. Je remarque encore aujourd’hui que sur le terrain les connexions avec mes partenaires pourraient être bien meilleures si je m’entraînais plus d’une fois par semaine avec le groupe. Donc si Louvain me le permet, ce serait un plaisir de continuer l’aventure, mais ce qui est sûr, c’est que je souhaite encore jouer en Belgique la saison prochaine.

Vous avez vécu des moments très intenses en Inde, au tournoi préolympique. Racontez-nous un peu...

J’ai vécu sans aucun doute la plus belle expérience de ma vie de hockeyeur, en Inde. Le lieu était incroyable, je suis passé par la joie, la tristesse et un peu de fierté tout de même. On savait qu’on avait le potentiel d’atteindre la finale, même après un championnat d’Europe où nous n’avons rien tiré de positif. Un groupe, une équipe s’est construite au fil des matchs et des étapes qu’étaient les matchs contre la Pologne puis celui contre le Canada. Les gars ont été vrais, honnêtes, on s’est tous battus pour notre pote, croyant en ce que nous faisions ! Ce sont des sensations uniques, nous, les sportifs, sommes des privilégiés ! Et à mon sens, le sport collectif renforce l’intensité de ces émotions. Le partage est essentiel. Aussi, je reste persuadé que l’exploit était possible avec plus d’intelligence et de maîtrise, bien que nous ayons encore du chemin à parcourir pour pouvoir prétendre à une qualification olympique ou en Coupe du monde. Il a également été jouissif d’observer la forte mobilisation en France autour de notre compétition et je pense qu’on peut en tirer du positif pour les mois et années à venir

Que pensez-vous pouvoir encore améliorer dans votre jeu ?

En tant que milieu, je dois gagner en aisance technique dans l’entrejeu, sous pression et en tant que défenseur, je pense pouvoir m’améliorer dans les un contre un et l’efficacité de mon jeu long ! Ma polyvalence me limite tout de même dans le développement des compétences spécifiques à un poste, mais je sais aussi en tirer bénéfice.