Non content d’avoir balayé, avec la manière, les champions d’automne du Beerschot, Louvain a pleinement profité des faux pas du Racing et de l’Antwerp pour se repositionner dans la lutte pour les play-offs.

Un départ en fanfare qui tranche avec le premier tour laborieux livré par les finalistes de la dernière campagne. S’il se réjouit de la prestation de ses équipiers, Audry Renaer est le premier à reconnaître que les Universitaires reviennent de loin et que la route du play-off sera encore semée d’embûches. “De nombreux éléments étaient réunis pour faire de notre entame de championnat un chemin de croix. Pour de multiples raisons, nous n’avons pas eu l’occasion de nous préparer avec un groupe au complet. Or, la période estivale est capitale pour mettre en branle les automatismes au sein d’une équipe. De plus, nous avons dû composer avec les départs de Manu Leroy et de Pau Quemada et avec la blessure de mon frère, Thierry. Ces joueurs constituaient la colonne vertébrale de notre équipe, sur le terrain et en dehors. Ce n’est qu’aujourd’hui, avec le retour de Thierry et l’intégration aboutie de notre nouveau gardien, Vincent Vanasch, que ces pertes commencent à être compensées. Il ne faut pas non plus occulter le fait que des joueurs ont longtemps tardé à se remettre en question. Enfin, certains pions n’ont pas pu étaler l’intégralité de leurs qualités car ils n’étaient, à mon sens, pas placés à la bonne place sur l’échiquier.”

Impossible d’évoquer les changements tactiques opérés au sein de la formation brabançonne sans évoquer l’éviction de l’entraîneur Koen Van Praet au profit de Mick Beunen. Un remplacement qui a eu le mérite de servir d’électrochoc aux “Blanc et Bleu”, lesquels ont remporté les trois rencontres disputées sous les ordres de leur nouveau coach.

“Avec son charisme, Mick Beunen a tout de suite pris en main le groupe. Sur le plan tactique, notre nouveau mentor est très fort. Son choix de replacer Juan Garreta dans l’entrejeu a eu une énorme incidence sur l’animation de notre jeu. De surcroît, il ne nous a pas ménagés depuis son arrivée. Il nous a concocté un programme d’entraînement des plus durs, particulièrement pendant la trêve hivernale.”

“L’échec argentin fut, pour moi, une double désillusion. D’une part, l’espoir de participer à la coupe du monde et aux JO s’envolait, peut-être définitivement vu mon âge; d’autre part, j’ai dû vivre tous ces événements depuis le banc de touche. Heureusement, j’ai rapidement réintégré le noyau de Louvain avec lequel nous avons beaucoup travaillé. Retrouver ses coéquipiers et son meilleur niveau, il n’y a que ça de vrai pour chasser les échecs de son esprit.”

Fort d’un moral regonflé à bloc, celui qui a fait toutes ses classes à Kessel-Lo, peut sereinement se concentrer sur les deux grands objectifs de Louvain en 2010 : aller le plus loin en EHL et s’adjuger un nouveau titre national : “Même si nous traînerons notre premier tour comme un boulet, je demeure persuadé que nous intégrerons les play-offs. Si le Watducks est sans doute l’équipe la plus aboutie, notre solidité défensive, notre mentalité à toute épreuve et notre condition physique renaissante seront des atouts décisifs dans la lutte avec le Dragons, l’Antwerp, le Racing et le Beerschot. Sur la scène européenne, passer l’écueil de Beeston est l’ambition avouée, même si la défaite subie face à ces Anglais au premier tour nous rappelle combien il est difficile de se ménager une place au sein du gratin continental. Si nous nous qualifions pour les quarts, nous pourrons envisager la suite en toute décontraction.”

© La Libre Belgique 2010