Hier, quelques grands pontes de la Fédération (Marc Coudron, Yves Henet et Erik Gysels) et le président de l’Antwerp (Bart De Winter) se sont entretenus durant deux heures avec Sofie Gierts pour tenter de calmer une affaire qui a pris une ampleur disproportionnée. En effet, depuis l’annonce de l’éviction de la quintuple Stick d’Or des Red Panthers, une onde de choc a frappé de plein fouet un milieu d’ordinaire sous contrôle. Une frange du public n’accepte pas que son icône soit privée de Jeux olympiques malgré les nombreux services rendus durant des années. De plus, ces défenseurs de la sportive emblématique estiment que les raisons de cette mise à l’écart définitif étaient injustes. Au fil des semaines, ils ont montré leur mécontentement par différentes actions : groupes de soutien sur les réseaux sociaux, flocage d’un maillot "Gierts 23 London" lors des finales des play-off, D’autres actions ont échappé à tout contrôle : insultes et menaces sur des membres des familles de Pascal Kina ou de Bert Wentink. Les deux cibles craignent toujours pour leur famille.

Afin de calmer le jeu, les deux parties se sont assises autour d’une table pour reformuler les griefs à l’encontre de la joueuse. Dubitative à la sortie de la réunion, Sofie Gierts campait sur ses positions tout en évitant de remettre de l’huile sur le feu. "Je ne cautionne en aucun cas les dérives liées à ce dossier. Il est inacceptable que des menaces soient proférées à l’encontre d’une personne. Tout le monde a souffert dans cette affaire. Les attaques ont été nombreuses."

Justement en parlant d’attaque, le débat d’hier n’a apporté aucun élément neuf. Marc Coudron a confirmé à la joueuse de l’Antwerp qu’elle ne retrouverait pas sa place au sein de l’équipe nationale. "J’ai reçu la liste des détails qui me sont reprochés , confie Sofie Gierts. Si le staff m’avait parlé avant de prendre une décision irrévocable, j’aurais pu gommer ces défauts. Il ne m’a pas laissé cette chance. C’est regrettable. Tout ceci aurait pu être évité. Je ne suis toujours pas convaincue par ce choix. Je ne nie pas pour autant ce qu’on me reproche. Parmi les détails, on m’en veut de ne pas être venue à un entraînement avec ma tenue de sport officielle. Est-ce une erreur irréparable ? Pour conclure sur une note positive, je suis contente d’avoir pu m’exprimer."

De l’autre côté de la table, le président de l’ARBH, Marc Coudron, tentait d’apaiser les esprits. "La semaine dernière, Colin Batch a enlevé de sa sélection David Van Rysselberghe qui avait été nommé gardien de l’année par la FIH l’an dernier. Personne ne s’est mobilisé pour critiquer ce choix. Je comprends que certains ne soient pas d’accord avec nos décisions, mais je suis surpris par la tournure des événements. Le hockey dérange peut-être une certaine presse qui cherche à nous nuire. Au terme de la réunion, nous avons exprimé à nouveau notre soutien à Pascal (Kina) et à Bert (Wentink) . Nous avons aussi confirmé à Sofie (Gierts) qu’elle n’ira pas aux Jeux."

En espérant que, cette fois, le message soit bien passé auprès d’une frange de membres de la Fédération qui ne possèdent pas toutes les cartes en main pour juger objectivement.