Le sort en est jeté: la finale du championnat opposera les deux frères ennemis de toujours, le Léo et Uccle Sport. Même si la rivalité entre les deux clubs n'est plus tout à fait ce qu'elle fut jadis, elle reste toujours bien présente. D'autant que le Léo n'a plus été champion depuis dix ans et Uccle depuis quinze.

La finale apparaît cependant très équilibrée. Chaque équipe peut invoquer des arguments pour l'emporter. Le Léo possède la meilleure attaque du pays (77 buts en championnat régulier), Uccle la meilleure défense (27 buts encaissés). Les deux équipes possèdent un groupe compact, soudé et homogène, quasi exempt de points faibles. Un petit désavantage pour Uccle, alors que le Léo est au complet : l'absence de son attaquant vif-argent Alex Letier, toujours capable d'une trouvaille de génie, et peut-être aussi de Philippe Stoupel, qui se rétablit d'une déchirure à la cuisse. La tradition, en revanche, joue pour Uccle : tout comme en France la malédiction de Matignon empêche un Premier ministre de passer directement à l'Elysée, jamais encore un club ne s'est imposé lors de sa première finale. Car en play-off, souvent, les deux équipes se tiennent de très près, ce sont quelques détails qui font la différence et dans ces circonstances, il est vital d'être rodé à ce genre de confrontation. Dernier élément, qui pourrait in fine s'avérer décisif: le fait qu'Uccle a gagné le championnat régulier et peut donc se contenter d'un score égal par aller-retour.

Bob Maroye, le coach du Léo, n'est d'ailleurs pas du tout d'accord avec cet élément, même s'il admet que c'est le prix à payer pour revitaliser le round-robin. Mais au fond, qu'en pense ce coach qui a fait toutes ses classes à Uccle? `C'est toujours un match spécial, évidemment, mais avec tous les liens que j'ai tissés ici, je suis Léoman à 200 pc. Ce serait trop bête aussi d'échouer maintenant, car pour certains de mes joueurs, ce sera peut-être la seule occasion d'être champion de Belgique. Je pense, de toute façon, que la chance jouera un rôle prépondérant.´

CONCENTRATION

Son de cloche assez semblable chez son collègue Alain Geens: `Quand on joue pour le titre, c'est gagner qui compte, quel que soit le nom de l'adversaire. Notre équipe est sans doute la plus régulière et la plus homogène, tout le monde se connaît. Nous avons aussi une bonne organisation dans le jeu. La concentration sera aussi très importante, car avec un danger public comme de Chaffoy en face, aucun relâchement ne sera permis.´

Alors, Uccle-Léo serait-il devenu un match comme les autres? Les deux capitaines sont d'un avis différent. Patrick Pille, pour le Léo: `En finale, on n'a pas besoin de motivation. Jouer contre Uccle est peut-être un élément supplémentaire pendant le championnat régulier, mais pas en finale.´

Christophe Milecan, pour Uccle: `Bien sûr, on joue toujours une finale pour la gagner. Mais le fait que ce soit le Léo est un facteur de motivation supplémentaire. Nous ne serons plus motivés à 100 pc, mais à 150 pc. Même si certains joueurs frayent plus entre eux que par le passé, la rivalité reste très vive. Une défaite serait ressentie beaucoup plus douloureusement que la saison dernière contre le Dragons.´

C'est tout dire...

© La Libre Belgique 2002