L’air hagard et la voix tremblotante, les joueuses étaient sous le choc à l’issue de la rencontre. La fierté d’avoir dominé la 5e nation mondiale n’avait pas encore pris le dessus sur l’immense déception.

Anouk Raes, véritable métronome dans l’entrejeu, a posé 1 000 difficultés à l’Allemagne et elle a lancé de nombreuses attaques. "Nous étions toutes bien en place. Nous étions partout sur ce terrain. Nous avons imposé notre jeu à l’Allemagne. Nous avons dominé la partie à partir de 1-1. Nous devions les battre. Si nous avions tué le match à 1-2..."

Avec des "si", la Belgique serait en finale car le second but allemand suscite la polémique. "Nous avons posé la mauvaise question", souligne la défenseuse Louise Cavenaile. "Nous avons demandé pour l’obstruction alors que nous devions demander si la joueuse allemande n’était pas entrée trop tôt dans le cercle." Le chemin vers la gloire est parsemé de cruelles déceptions. "Là, nous sommes par terre, mais nous verrons le positif plus tard. Nous voulons tout gagner. D’ailleurs, nous n’adaptons plus notre jeu en fonction des adversaires, sauf face aux Pays-Bas. Nous voulons dicter notre loi. En défense, nous avons très bien tenu le choc. Nous n’avions jamais si bien défendu. Cette expérience nous profitera pour l’avenir. Nous avons bien géré cette deuxième mi-temps. Notre press nous a coûté beaucoup d’énergie. Nous nous sommes toutes battues les unes pour les autres."

Comme les penalties d’Anderlecht

L’attaquante de poche, Emilie Sinia, a distillé quelques bons centres dans le cercle allemand. "Quel superbe match !, dit-elle. La meilleure équipe n’a pas gagné aujourd’hui. C’est la victoire de l’expérience. Je suis fière des joueuses car nous n’avions pas l’impression que nous affrontions la 5e nation mondiale. Nous avons dominé les échanges à partir du 1-1. Nous aurons besoin de quelques heures pour évacuer la déception. A huit minutes de la fin, j’étais sur le banc. Les secondes ne passaient pas. J’y ai vraiment cru. Nos shoot-out ? Nous nous entraînons sur cette phase autant que le Sporting Anderlecht sur penalty. Nous ne pouvons pas bien préparer les shoot-out car la tension n’est jamais la même lors des entraînements".

De son côté, la jeune Alix Gerniers, en larmes, confirme les impressions de ses coéquipières. "Nous aurions dû inscrire ce 1-3 pour tuer le match. En plus, le 2-2 est vraiment un bête but qui n’est pas valable. Lors de la séance de shoot-out, nous avions la pression maximale. C’est dur de gérer devant son propre public. En tout cas, nous n’avons rien à nous reprocher. Nous méritions la victoire."