Marc Lammers avait donné rendez-vous à ses troupes hier matin à 8 heures à l’aéroport de Zaventem. Un amoncellement de bagages estampillés du logo du COIB et de l’ARBH s’apprêtaient à rejoindre en vol direct huit heures plus tard New Delhi.

Les yeux mi-clos, certains joueurs se cachaient derrière un bon café pour entrer de plain-pied dans cette longue journée. Outre le trajet, le décalage horaire (moins 4 h 30) usera ces organismes qui se remettent doucement des fêtes de fin d’année.

Depuis quelques années, le groupe vole de grands rendez-vous en compétitions mondiales. Quelques mois après l’Euro, il s’envole en Inde pour disputer la première finale de la World League. En juin dernier, la Belgique avait terminé en première position de la phase de demi-finales, devant l’Australie et les Pays-Bas. Ces deux nations se trouvent justement dans notre poule.

Privé des services de Jérôme Truyens, de Manu Stockbroekx, de Xavier Reckinger ou encore d’Arthur Van Doren, Marc Lammers a composé un groupe inédit pour le premier (mais pas le plus important) rendez-vous de l’année.

Derrière les piliers classiques, quelques nouvelles têtes (re)faisaient surface. A 25 ans, Jeffrey Thys, qui a donné en septembre dernier une nouvelle impulsion à sa carrière en filant à Rotterdam, revient avec la motivation d’un jeune premier. L’ancien attaquant du Dragons, qui avait pris une année sabbatique avec l’équipe nationale n’a plus joué une compétition officielle avec les Red Lions depuis les Jeux olympiques de Londres. "J’aurais dû revenir pour l’Euro, mais une fracture à la main encourue en demi-finale de l’EHL, en a décidé autrement , précise Jeffrey Thys. Je m’entraîne avec les Lions depuis six mois. Je veux me prouver que tout ce travail en valait la peine. L’équipe a tellement évolué depuis les Jeux olympiques. Je la trouve plus forte et plus jeune" , sourit-il.

En défense, Marc Lammers tente une expérience surprenante en alignant le revenant Gauthier Boccard. L’attaquant du Watducks, 22 ans, a changé sa vision de la vie depuis un an. Ecarté de la sélection par le tacticien hollandais à la suite du Champions Trophy en janvier 2013, "Gauth" a retenu la leçon. Il piaffe d’impatience de montrer son nouveau visage au T1.

"Un an plus tard, je suis de retour en compétition officielle , souligne celui qui a fait Bob lors du réveillon de Nouvel An. J’ai bossé pour revenir dans le noyau. En septembre, j’ai repris les entraînements avec les Lions." Il a participé au stage de décembre à Alicante. Il n’avait pas anticipé la dernière surprise de Marc Lammers. "J’ai évolué en attaque durant seize ans. Marc est venu me voir pour me signifier son choix de me placer en défense. Selon lui, j’apporterai plus à l’équipe à cette position. Personnellement, cela ne me dérange pas. Un back droit joue aussi un rôle offensif. Je ferai tout pour relever ce nouveau défi."

Thiéry la récompense de son Mondial

Assez calme dans l’immense hall de l’aéroport de Bruxelles, le groupe chambre gentiment le dernier arrivé, Tom Boon. Ses dix-huit minutes de retard provoque une hilarité générale. L’intéressé se défend. Habitué à se rendre au Braxgata où sont dispensés les entraînements nationaux, il a manqué la sortie de l’aéroport sur le Ring. Juste après, l’ancien défenseur du Léopold qui casse la baraque à Oranje Zwart, arbore un très large sourire. Il vient de retrouver son précieux short noir pour les matches. Le groupe se réveille petit à petit. Chacun discute avec tout le monde. Des habitués de la trempe de Florent Van Aubel se réjouissent de disputer ce tournoi en Inde. "Je n’ai jamais joué là-bas" , confirme "Flo" qui est rentré à 0 h 04 de son réveillon.

Au rayon des jeunes pousses, le benjamin Dorian Thiéry s’appuiera sur l’expérience acquise lors de la "Hero World Cup" des "U21" le mois dernier dans le même stade. S’il avait été déçu de manquer l’Euro de Boom, il ne cesse de progresser à très grande vitesse ces derniers mois. "Je sens que mon jeu a pris un autre volume par rapport à 2012. Je m’épaissis. Je ne suis plus la même personne."

Le médian du Léo a appris sa sélection peu avant Noël. "Lors du dernier jour du Mondial U21, Marc Lammers m’avait exprimé sa satisfaction. Je savais que je rejoindrais les "A", mais je ne m’attendais pas à retourner si vite en Inde. Je dois ma sélection à mon bon Mondial. J’aurai l’avantage de connaître les lieux vu que nous logeons dans le même hôtel et que nous jouerons sur le même terrain. Je connais aussi les réflexes à adopter pour éviter les problèmes intestinaux."

Trimballé entre les "A" et les "U21", Dorian Thiéry s’est beaucoup entraîné ces quatre derniers mois. Il n’a éprouvé aucune difficulté à s’intégrer au sein de la cinquième meilleure nation mondiale. "Si la concurrence est rude sur le terrain, elle s’évanouit en dehors des matches. Qu’on soit jeune ou vieux, du sud ou du nord du pays, tout le monde parle avec tout le monde."

Le fils de Damien Thiéry surfe sur la vague du succès tout en gardant les pieds sur terre. "Je suis conscient que, physiquement, les "A" jouent à un autre niveau que les "U21". Je suis prêt pour ce tournoi. Ensuite, je me concentrerai sur le Léo. Et l’an prochain ? Tout est possible !", conclut-il énigmatiquement.

Dohmen : "Pour le moment, rien n’est plus important que la World League"

Un autre membre de l’expédition des "U21" est reparti, hier, pour la même destination : le T2 Philippe Goldberg. "C’est un peu dommage de retourner au même endroit, mais cela constitue aussi un avantage. Mon métier n’a rien d’une punition."

Un peu plus loin, John-John Dohmen, fidèle à lui-même, discute avec ses amis tout en rigolant. Vu l’absence de Tchouk, il endosse la responsabilité de capitaine. "Le groupe a bien trimé pour arriver en forme. A Alicante, nous avons retrouvé nos automatismes en match" (victoire contre l’Espagne et défaite contre les Pays-Bas), souffle celui qui s’est blessé au genou en Espagne. "Mais, je suis tout à fait guéri. Je m’étais déjà rendu en Inde en janvier 2008. Le tournoi m’avait bien souri même si les conditions de vie étaient précaires. Aujourd’hui, nous voulons la victoire finale, mais nous ne serons pas les seuls" , poursuit celui qui veut conquérir les titres en DH, EHL et à La Haye. "Pour le moment, la Coupe du monde en juin n’est pas le plus important." Lundi et mardi, la Belgique jouera des matches amicaux contre la Nouvelle-Zélande et l’Argentine.

La compétition démarre le 10 janvier.