L’annonce de la succession de Marcelo Orlando, qui cédera le flambeau à son T2 actuel, Zoulou Brulé, a quelque peu surpris par son caractère précoce. L’occasion de rendre visite au plus jeune retraité du hockey belge... en tant que joueur.

Faut-il encore présenter Zoulou Brulé ? Il est l’homme qui a le rapport le plus élevé entre le nombre de matches joués en équipe nationale et le nombre de buts marqués (134 matches, 106 buts), dû entre autres au fait que c’était de loin le meilleur sleepeur de sa génération. Hélas, sa carrière fut interrompue par une série de blessures (au genou et à la hanche notamment) qui le forcèrent à y mettre un terme. En équipe nationale ce fut en 2006, à 25 ans à peine, après le drame de Changzhou où la Belgique s’inclina aux strokes contre la France, et en division d’Honneur à la fin de la saison dernière, où il s’offrit tout de même le seul titre de sa carrière avec le Dragons.

"Depuis lors, je fais ce que j’avais prévu, explique-t-il. J’ai laissé tomber ma carrière de joueur, après 14 ans en DH, pour me consacrer au coaching. C’est vrai que je ne vais avoir 30 ans que le 13 mai prochain, mais je coache depuis que j’ai 25 ans, à l’époque j’ai repris les Dames -21. J’ai aussi côtoyé, comme joueur, des coaches de haut niveau international, je pense que j’en ai beaucoup appris. La plupart commencent à coacher plus tard, mais ils n’ont pas plus d’expérience."

Depuis la démission de Murray Richards, Zoulou est T1 intérimaire des dames nationales, les Panthères. A ce titre, il a disputé à Bisham en début de semaines deux rencontres amicales contre les Anglaises, perdues 4-0 et 6-0. "Les chiffres bruts sont sévères mais j’ai remarqué beaucoup de choses positives par rapport à notre stage sud-africain. Maintenant, les filles savent toutes que ce serait un gigantesque exploit de se qualifier directement à Mönchengladbach. Mais dans un tournoi de repêchage, nos chances sont loin d’être nulles. Regardons ce qui s’est passé à San Diego l’an dernier, où nous avions échoué à un souffle de la Corée et des Etats-Unis. Et d’ici là, un nouveau coach aura été mis en place."

Reste que l’annonce de la succession anticipée de Marcelo Orlando a quelque peu surpris. "Marcelo voulait lui-même savoir de quoi l’avenir serait fait et la direction du Racing, tout en étant enchantée du travail qu’il avait accompli - il a mené le club d’une place de reléguable à deux play-off consécutifs -, a estimé que trois ans était un laps de temps déjà estimable. Marcelo est un professionnel, il fera son travail jusqu’au bout, et les objectifs de l’équipe sont inchangés : une place en EHl et si possible un titre."

Les malheurs du Pingouin, son club d’origine, l’émeuvent-ils ? "Ce n’est jamais gai de voir votre club formateur dans le bas du classement. Mais il ne faut pas se voiler la face, le Pingouin a toujours été un club-ascenseur. Ils ont beaucoup de membres par manque de concurrence dans leur région, mais en revanche celle-ci n’est pas riche en sponsors et le nerf de la guerre manque. Un bon coach et des jeunes, aujourd’hui, ça ne suffit plus, il faut des joueurs chevronnés pour les encadrer. C’est d’ailleurs ce que nous essayons de créer ici, au Racing."