Namur a attendu 42 matchs et 7 ans pour goûter à l’ivresse d’une victoire. Staff et joueurs ont trouvé la parade pour écarter l’Old Club (2-3) au terme d’une bataille âpre et disputée. L’entraîneuse Joy Jouret, qui avait rejoint les Escargots il y a trois saisons, incarne l’un des piliers fondateurs de cet édifice en construction.

Ancienne internationale, cette attaquante a fréquenté le plus haut niveau en tant que Red Panther et joueuse du Wellington. Consciente de l’exigence du hockey professionnel, elle a découvert une autre réalité du hockey. Loin des mammouths de la DH, Namur écrit son histoire à sa vitesse. Avec ses valeurs. "À Namur, j’ai découvert des sportifs authentiques qui sont prêts à s’entraîner à quatre reprises par semaine sans être payés. Ils jouent avec le cœur. Ils m’épatent" , explique celle qui a pris de l’avance sur le calendrier en montant avec Namur en DH dès la première année.

Ses sentiments oscillent entre l’honneur de bosser dans un tel championnat et la frustration de ne pas se battre à arme égale avec les autres. "J’ai appris à fixer d’autres objectifs que le score."

Philosophe, cette athlète au fort caractère a ajouté des cordes à son arc au fil de ses expériences. Contrairement à d’autres coachs qui s’enferment dans une logique de résultats sportifs, elle cherche une approche plus holistique. "Je veux être différente des autres" , raconte celle qui a repris des études de psychologie à l’UCL. "Je mets en exergue le développement personnel et le bien-être de mes joueurs. Mon coaching sort du cadre purement sportif. Une personne bien dans sa tête ira plus loin."

Namur a quelques guerres de retard sur un plan financier. "Nous nous construisons, reprend l’entraîneuse. Nous avons besoin d’un budget décent qui ne nous freinerait pas dans notre évolution. Mes cadres doivent être rétribués. Aujourd’hui, aucun de mes joueurs n’est payé. La situation devient de plus en plus compliquée."