entretien

Le Racing attendait un succès probant pour se voir décerner le titre officieux de "révélation de ce début de championnat". Après quatre journées, les ouailles de Marcelo Orlando ont réalisé leur coup d'éclat, en terre anversoise en s'imposant 3-4 au Dragons. Cette performance s'inscrit dans la continuité de leur entame de saison après deux succès indiscutables contre l'Héraklès (7-1) et contre l'Orée (4-2) et leur cruelle défaite à l'Antwerp (2-1).

Parmi les acteurs de cette spirale positive au Racing, figure Fabrice Delattre. Arrivé en Belgique en août 2007, ce "back droit" avait déjà disputé de nombreuses saisons à Lille. Depuis ses débuts en équipe première en 1991, ce Français a fourbi ses armes sur la scène européenne, mais a quitté Lille. Sentant que l'équipe arrivait en fin de cycle, il a alors pris le chemin du Nord et plus précisément de Bruxelles.

Fabrice Delattre, après quatre journées de championnat, le Racing reste médaillé de bronze devant le Léopold, l'Antwerp et le Dragons. Est-ce une surprise aussi dans le clan ucclois ?

Nous savions que nous avions du potentiel avant le championnat. Nous attendions juste nos duels face à l'Antwerp et au Dragons. Après quatre matches, nous avons la confirmation que nous sommes bien au rendez-vous. Nous nous méfions de tous nos adversaires. Chaque équipe peut vaincre tout le monde. J'ai personnellement été impressionné par la qualité de l'Antwerp. Physiquement, il nous avait bien bousculés en fin de match. Ne nous emballons donc pas, il reste 18 journées...

Certes, mais un vent nouveau souffle avenue des Chênes. En quoi la copie du Racing de cette saison est-elle supérieure à celle de la défunte édition ?

L'arrivée de Marcelo Orlando a fait du bien à l'équipe. Luc Melotte était là depuis longtemps. Le groupe avait besoin d'un nouveau discours. Marcelo Orlando a posé sa griffe sur notre jeu. Il a apporté quelques changements tactiques, notamment en ramenant en défense Maxi (Garreta) et moi, sans oublier les transferts réussis. Il a trouvé l'équilibre dans le noyau.

Justement, parlons du secteur défensif qui a souvent été pointé du doigt par le passé...

Notre nouveau "T1" a axé sa préparation sur la défense. Ensuite, il a dessiné une ligne d'attaque forte en contre.

Quelle est la "méthode Orlando" ?

Il fait peu tourner l'effectif. Il a en tête un onze de base et s'y tient. Son message a été accepté par tout le groupe.

L'équipe est-elle à son apogée ?

Un groupe doit toujours améliorer des détails. Nous, nous devons arrêter ces baisses de régime coupables durant les matches. Nous devons régler notre pc offensif et améliorer la communication entre les lignes.

Parlons un peu de vous. Après avoir arpenté les terrains français durant 15 ans, comment expliquez-vous que votre nation soit si reculée sur l'échiquier européen du hockey ?

En France, le hockey est un petit sport avec de petits moyens. Le peu d'argent dont les clubs disposent sont gaspillés dans les transports souvent longs et onéreux. Depuis dix ans, la France a manqué le fil de l'évolution du hockey. En matière de formation, nous avons de grosses lacunes. Notre technique ne repose pas sur de bonnes bases...

La migration vers le Nord semblait inéluctable. Pourquoi être venu en Belgique ? Que représente à vos yeux le hockey dans notre royaume ?

La Belgique a pris le bon wagon. Elle a fait un pas vers la professionnalisation. L'encadrement est très sérieux. Sur les plans physiques et techniques, les bases belges sont excellentes. Les médias suivent les matches, les clubs privilégient la qualité, les équipes nationales sont en forme, autant de signes qui démontrent la bonne santé du hockey belge.

A 33 ans, votre carrière est plus dans le rétro que devant vous. A quand le point final d'un beau parcours ?

Depuis deux ou trois ans, je me pose la question chaque année. Tant que l'envie et la forme sont là, je poursuis ma carrière de joueur. Aucune décision n'est entérinée aujourd'hui.