Entretien

Dimanche dernier, la délégation belge de hockey est revenue de deux semaines de stage à Chennai, en Inde. Ce périple marquait la première phase de préparation pour nos hockeyeurs en vue des JO du mois d'août. Alain Goudsmet, "mental coach" de l'équipe national depuis juin 2007 a apporté son savoir dans le milieu du tennis et de l'entreprise avant de venir au chevet de l'équipe nationale de hockey.

Quels enseignements retenez-vous du stage à Chennai ?

Sur les 15 jours de stage intensif avec cinq matches de haut niveau, nous n'avons déploré aucune blessure. D'octobre à décembre, notre préparateur physique, Michaël Van Cutsem, a accompli un boulot remarquable. Ensuite, nous avons soumis nos joueurs à des batteries de tests physiques semblables à celles de Barcelone où le climat est plus propice. Les résultats étaient identiques. Leur performance pure était très peu altérée par les températures (25-30 °C) ou le taux d'humidité élevé (70-80 %) en Inde qui sont semblables à celles de Pékin. Enfin, les joueurs ont pris conscience de l'enjeu de la communication sur le terrain. Les échanges verbaux étaient inexistants il y a six mois.

Et c'est là que vous intervenez en tant que préparateur mental...

Oui, j'avais été frappé en arrivant dans le staff de l'équipe lors du Champion's Challenge en juin 2007 par le silence sur le terrain. Les joueurs n'osaient pas parler. Ils étaient aussi très individualistes. Or la communication offre de nouvelles possibilités dans le jeu. Outre la vue, les joueurs sont plus efficaces s'ils jouent avec leur ouïe qui permet un jeu en un temps.

Que faut-il améliorer dans le jeu ?

Nous sommes trop peu efficaces dans le cercle. Le groupe est vite démoralisé lorsque le marquoir ne grimpe pas. En plus, dans le cercle, nous cherchons trop vite à provoquer le pc avant de penser à marquer tout de suite. En plus, nos pc ne sont pas encore au point. En Inde, nous n'en avons marqué que 2 sur 16.

Reste le souci de la pollution...

Nous n'avons pas encore travaillé l'influence de la pollution sur l'organisme. Pour les préparer au mieux, en juin, à Boom, nous installerons une tente thermique qui reproduit les conditions de jeu de Pékin. Nous la chaufferons à 25-30 °C tout en mélangeant l'air avec des composantes semblables celles qu'on respire à Pékin.

Quelle est votre mission d'ici le voyage à Pékin ?

Je dois donner de la visibilité à la partie mentale du travail d'équipe. Il faut quantifier des données abstraites pour que les joueurs en mesurent l'importance. Grâce au stage, ils ont pris conscience de l'utilité du mental coaching. Mon rôle est d'agir sur le collectif et l'individuel. Je travaille avec chaque joueur pour qu'il équilibre sa vie privée, le sport et son métier. Ils ne sont pas professionnels ! Ces gens bossent à côté de leurs 10 heures de sport hebdomadaires pour l'équipe nationale sans parler des heures consacrées au club, leur vie privée et leur métier.

Quels seront les obstacles que rencontrera notre équipe d'ici leur premier match à Pékin ?

Le groupe présente encore 22 joueurs. Il faudra gérer l'éviction du noyau de six joueurs en juin. Nous sommes dans cette période paradoxale où ils doivent bosser en équipe tout en pensant à leur motivation propre et en prouvant leur aptitude à intégrer le groupe de 16.

Que se passera-t-il à court terme pour notre équipe nationale ?

Le stage à Chennai nous a permis, au staff dirigeant, de noter une mine d'informations que nous développerons durant les douze prochaines semaines soit la durée du championnat. Ensuite, ils auront une période de repos en mai, lors du play off. En juin, avec 16 joueurs, nous commencerons seulement le team building.