«Le bilan est positif»

Hockey

Propos recueillis par Jean-François Jourdain

Publié le

«Le bilan est positif»
© EPA
Une nouvelle fois, la Belgique aura donc dû se contenter de la quatrième place au championnat d'Europe, une place qu'elle occupe régulièrement depuis dix ans. Le nouveau président fédéral, élu lors de l'Assemblée Générale en juin dernier, est venu en Saxe pour assister à la phase finale du tournoi. Il a certes assisté à deux lourdes défaites belges (5-1 samedi contre les Pays-Bas et 9-1 contre l'Allemagne hier), mais les enseignements que l'ancien international en tire sont loin d'être négatifs.

Marc Coudron, quelle est votre appréciation sur le tournoi des Diables Rouges?

«C'est sans doute bizarre à dire en terminant le tournoi par une défaite d'une ampleur historique, mais globalement, j'en suis très satisfait. Nous voulions être dans les 4 premiers, nous y sommes. Cela évite de perdre du temps par rapport aux résultats probants que réalisent nos jeunes. Je suis aussi satisfait de la première mi-temps que j'ai vue samedi contre la Hollande. Ce sont encore toujours quelques détails qui font la différence. Nous provoquons encore trop les occasions de but des adversaires. Ce n'est plus le cas quand nous jouons contre moins fort que nous, mais bien quand nous rencontrons les trois premiers du tournoi qui, eux, ne concèdent jamais de bêtes buts. Ce genre de tournoi est très utile pour apprendre et aller plus loin. Il faut dorénavant jouer plus souvent des compétitions de grande qualité comme le Rabobank Trophy, le Hamburger ou l'Azlan Shah. Il faut simuler plus souvent les conditions réelles d'un tournoi.»

N'avez-vous pas l'impression d'un fossé impossible à combler avec le top européen?

«Ce n'est pas le but à court terme. N'oublions pas que l'Australie mise à part, le top européen est également le top mondial! Cela ne peut pas se faire en si peu de temps. Notre objectif est d'être dans le top 12 mondial d'ici 2008, puis dans les 10 meilleurs en 2010. Il faut réduire l'écart qui nous sépare d'eux et s'en rapprocher le plus possible. A terme, les places 8 à 10 nous sont accessibles. Nous sommes actuellement champions du monde des amateurs, mais ce titre ne signifie rien. Si nous voulons encore progresser, il n'y a pas 36 solutions, il faut le plus d'aide possible aux joueurs. La structure doit partir des jeunes: dès les équipes d'âge, ils doivent apprendre la bonne manière de défendre, d'entrer dans le cercle, se familiariser avec les analyses vidéo... Ce dernier point a été particulièrement développé par Giles Bonnet alors que nous n'étions nulle part à ce propos.»

Il reste pas mal de points à améliorer néanmoins...

«Je laisse à Giles Bonnet les analyses techniques, un debriefing devra suivre dans les prochaines semaines. Ensuite, nous devrons prendre ce qu'il y a eu de bon et de moins bon dans ce tournoi, convoquer tous les coaches belges en présence de Giles et organiser un séminaire sur le thème hockey moderne. Que chacun voit comment il faut jouer et les erreurs à éviter. Ce n'est pas que je veux mettre la pression sur les clubs, mais il faut qu'ils suivent le mouvement. L'équipe nationale ne doit pas être une comète qui gravite autour de la planète hockey belge. Si les joueurs arrivent à progresser dans leur propre club, on gagnera un temps précieux en équipe nationale.»

Comment assurer la transition entre nos équipes de jeunes, qui réalisent toujours de bons résultats, et l'équipe première?

«Ce sera le grand défi des prochains mois et années. Il faut commencer à inculquer des notions de tactique dès le plus jeune âge et établir un programme individuel pour chacun. Il ne faut pas que les joueurs apprennent tout en arrivant en équipe nationale. Il est également important d'y adjoindre du scolaire, par stages bien plus que par entraînements. Des recyclages scolaires doivent être organisés pendant ces stages, en maths, en sciences, en langues, afin d'éviter que les jeunes hockeyeurs prennent du retard scolaire. Le hockey doit rester un sport où l'on rencontre des gens intéressants, où le respect et le fair-play sont des valeurs de base, et pas un sport qui forme des analphabètes. Mens sana in corpore sano!»

J.-F. J.

Pour faire partie de la Coupe du Monde, il faudra émerger en Chine... (EPA)

© Les Sports 2005

A lire également

Facebook

Cover-PM

cover-ci

Immobilier pour vous