On savait que la montée du Braxgata allait commencer à faire tourner le moulin des transferts. Apparemment, il tourne déjà à plein régime puisque lundi matin, deux internationaux belges - l’attaquant Jérôme Dekeyser et le défenseur Xavier Reckinger - ont apposé leur signature sur un contrat de trois ans, dénonçable par les joueurs chaque saison (en cas de descente, par exemple). Une nouvelle qui a fait l’effet d’une bombe dans le milieu du hockey anversois.

Un petit saut à Brasschaat nous a permis de rencontrer les deux nouveaux transfuges boomois. "Disons tout de suite que je ne pars pas en mauvais termes avec le Dragons", commence Jérôme Dekeyser. "J’y ai passé quatre saisons formidables, même si les résultats sportifs ont été décevants. J’avais les mains libres, puisque j’ai revendu le magasin de sports qui se trouve à l’intérieur du club à ma sœur, à une époque où je n’avais encore aucun contact avec le Braxgata. Le président du "Brax" a commencé par prendre contact avec Xavier Reckinger, avec lequel je m’entends fort bien. J’ai été séduit par sa vision : il nous offre à tous deux un job à mi-temps dans sa société, où nous ferons essentiellement de la prospection immobilière. L’autre moitié du temps, je donnerai des entraînements au club et je m’occuperai de l’équipe première, sous la houlette de notre coach Russel Cornish. Son ambition est de mener l’équipe au play-off dans les cinq ans, ce qui est réaliste."

"Nous n’avons pas signé que pour l’argent", renchérit Xavier Reckinger. "Je gagnerai moins au Braxgata que comme joueur du Dragons sur le terrain, mais en même temps il y a cette sécurité d’emploi pendant trois ans qui est très importante si l’on veut gagner sa vie." "Reck" entraîne aussi les dames et les juniors du Victory.

Le Dragons a dans un premier temps fait une contre-offre, mais a vite lâché prise "pour ne pas entrer dans la spirale de l’argent" comme il l’annonce officiellement sur son site. Mais les joueurs mettent en avant la sécurité de l’emploi qu’on leur propose à Boom.

Contrairement aux rumeurs de comptoir qui circulent toujours à folle allure dans le milieu du hockey, les deux compères ne quittent pas le Dragons à cause de l’ambiance. "En dehors du terrain il n’y a jamais eu le moindre problème, mais sur le terrain le groupe était sans doute moins soudé que d’autres. Notre gardien a fait une mauvaise saison et plusieurs joueurs ont été transférés sans tenir compte des besoins spécifiques de l’équipe. Ainsi, Pedro Ibarra est un excellent attaquant, mais on l’a d’abord utilisé comme défenseur "

Et Xavier Reckinger de conclure : "Il est essentiel, si on ne veut pas voir les joueurs quitter prématurément l’équipe nationale, de leur offrir un emploi. Dans certains clubs on considère l’équipe nationale comme un concurrent, quand ce n’est pas comme une nuisance. Il faut changer cette mentalité."