Hockey

Le COIB fait ce que permet le budget

JEAN-FRANÇOIS JOURDAIN

Publié le - Mis à jour le

ENTRETIEN

Le fait que le meilleur gardien belge, Vincent Deneumostier, ait renoncé à sa carrière internationale en raison du rythme, qu'il dit démentiel, imposé aux candidats-internationaux ne peut que conduire à s'interroger sur l'avenir de notre équipe nationale. Où va-t-elle si ses meilleurs éléments la quittent parce qu'ils trouvent qu'elle ne permet plus une vie sociale normale? Et quelles répercussions cela peut-il avoir sur les chances de la Belgique de figurer aux Jeux d'Athènes?

Nous avons posé la question à Eddy De Smedt, vice-président du COIB et chargé de suivre, avec son adjoint Gert Van Looy, l'évolution du sport de la crosse.

`Dire que le COIB exige tout un programme est un grand mot. En réalité, nous conseillons et nous discutons. Il est clair que pour avoir un niveau international digne de ce nom, il faut s'entraîner de manière internationale. La Belgique souffre d'un handicap certain: son championnat est de moindre valeur que celui des grands pays de hockey. Tout ce que nous pouvons faire, c'est maintenir un entraînement de haut niveau et multiplier les contacts internationaux. C'est ce que nous faisons, encore davantage, depuis le retour de la Coupe du monde à Kuala Lumpur´, explique Eddy De Smedt.

A ceux qui disent que le programme d'un international (quatre soirées par semaine, sans compter le programme individuel) est trop chargé, il rétorque: `Nous avons discuté de tout cela avec les joueurs et ils sont conscients que c'est la seule manière que nous avons d'augmenter notre niveau de jeu. Le programme est chargé, je l'admets, mais c'est l'un des rares domaines où nous pouvons rivaliser avec nos concurrents et c'est donc capital. Maintenant, si cela amène quelques éléments talentueux à décrocher par manque de temps, d'intérêt ou d'ambition, je le déplore comme vous, mais si l'on commence à multiplier les exceptions individuelles, cela remet forcément en cause la structure même de notre travail.´

Chaque semaine en Hollande

En plus d'un entraînement très poussé, la Belgique multiplie les contacts internationaux. Presque chaque semaine, notre équipe nationale prend le chemin de la Hollande pour se mesurer à une bonne équipe de club. Ce mercredi, elle terminait une série de quatre matches amicaux contre le Canada. Mais le fait que ces rencontres se déroulent le soir en semaine nuit beaucoup à la visibilité de l'équipe nationale.

`C'est un peu l'histoire de l'oeuf et de la poule´, observe Eddy De Smedt. `La fédération de hockey n'est pas riche, le COIB non plus, et trouver de nouveaux sponsors par les temps économiques qui courent est tout sauf facile. La question se pose: faut-il organiser des matches internationaux coûteux pour améliorer la visibilité de l'équipe nationale, ou au contraire attendre d'avoir de l'argent pour en organiser?´

Le fait est que les joueurs qui décrochent se plaignent d'un manque de statut en compensation des efforts qu'ils consentent. `C'est effectivement un problème. Il serait nécessaire à terme de faire basculer les internationaux vers un régime professionnel ou semi-professionnel. Actuellement, ce n'est pas toujours possible: certains joueurs sont cadres dans leur entreprise et peuvent difficilement passer à mi-temps; d'autre part, le COIB fait tout ce que permet le budget. Certaines prestations font l'objet d'un défrayement, mais cela pourrait s'avérer insuffisant dans l'avenir. Actuellement, il n'est pas possible de faire mieux.´

Un autre reproche fréquemment entendu concerne la disponibilité du coach national, Giles Bonnet, qui coache également les dames d'Amsterdam. `C'est inévitable´, constate Eddy De Smedt. `Tant que le coach national ne pourra pas vivre de l'équipe nationale uniquement, cela arrivera. A tout prendre, cela vaut mieux que dans d'autres fédérations où le coach est aussi responsable sportif d'un des meilleurs clubs du pays, ce qui crée tôt ou tard des conflits d'intérêt. Mais s'il s'avère que cela nuit à son rôle de coach, notamment au niveau du recrutement et compte tenu que son adjoint coache déjà un club de D 1, nous prendrons nos responsabilités et nous en rediscuterons avec le staff.´

© Les Sports 2002

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